Travailler un conte merveilleux avant de le raconter
Versions, potentiel narratif, pôles conjonctifs et disjonctifs, images et préparation intérieure du récit
Préparer un conte merveilleux, c’est comprendre le mouvement qui le porte avant de chercher les mots pour le dire. Le conte naît souvent d’un manque, d’une séparation, d’une emprise, d’une promesse désastreuse, d’une quête, d’une rencontre différée ou d’une reconnaissance empêchée.
Le travail préparatoire consiste à choisir une version racontable, à comparer les variantes, à repérer les scènes décisives, les images fortes, les objets actifs, les paroles nécessaires et les signes de reconnaissance. Il consiste aussi à identifier le potentiel narratif du conte : ce qui crée l’attente, maintient la tension et rend la suite nécessaire.
Les notions de conjonction et de disjonction désignent ici des mouvements entre des pôles structurants. Ces pôles sont le plus souvent des personnages ou des statuts appelés à être réunis, séparés, libérés ou reconnus : époux et épouse, frère et sœur, parent et enfant. Dans certains récits, un objet de quête peut aussi fonctionner comme pôle conjonctif. Une aide magique, une rencontre auxiliaire ou un objet donné en chemin ne constituent pas une conjonction : ce sont des opérateurs qui rendent possible la résolution.
1. Choisir une version sans perdre l’oralité
Les contes merveilleux existent rarement sous une seule forme. Une collecte orale, une version littéraire, un résumé de catalogue, une traduction ou une adaptation pour enfants ne donnent pas le même matériau de racontée. Lire plusieurs versions permet de repérer ce qui varie, ce qui résiste, ce qui a été abrégé, moralisé, édulcoré, amplifié ou déplacé.
Les versions recueillies dans la tradition orale doivent rester prioritaires pour préparer une racontée. Elles ont circulé dans le temps et les territoires, elles ont été approuvées par la mémoire collective, et elles gardent souvent des aspérités que les versions littéraires tendent à lisser.
Les versions écrites par des écrivains peuvent être belles, mais elles portent les choix esthétiques, moraux, psychologiques ou symboliques d’une personne singulière. Dès qu’une version devient littéraire, il faut vérifier ce qu’elle a retranché, déplacé, rationalisé ou embelli par rapport aux versions issues de l’oralité. Un grand auteur ou une grande autrice peut donner une forme superbe à un récit, mais cette forme ne doit pas masquer le travail plus ancien de la tradition orale.
- Quelles versions du conte type sont accessibles et libres de droits ?
- Quelles versions proviennent d’une collecte orale ?
- Quelle version paraît la plus racontable à l’oral ?
- Avec quelle version ressent-on le plus d’affinité ?
- Quels épisodes restent stables d’une version à l’autre ?
- Quelle version apporte une image, une formule ou une scène particulièrement forte ?
- Où le conte perd-il de sa force lorsqu’un épisode est supprimé ?
- Choisir une version principale.
- Noter les emprunts éventuels à d’autres versions.
- Conserver la cohérence du mouvement narratif.
- Éviter les mélanges d’épisodes peu compatibles.
- Garder la trace des sources utilisées.
Appui théorique
Les catalogues de Paul Delarue et Marie-Louise Tenèze aident à travailler par conte-type sans réduire le conte à une version unique. Nicole Belmont rappelle l’importance des versions orales, même brèves ou irrégulières. Maria Tatar et Jack Zipes, ainsi que Marina Warner, invitent à tenir compte des collectes, traductions, éditions et réécritures.
2. Repérer le potentiel narratif, les pôles et les opérateurs
Le potentiel narratif désigne ce qui donne au conte sa capacité à continuer, à se dérouler “comme un long fleuve”. Il apparaît lorsqu’une relation attendue reste impossible, lorsqu’un pôle conjonctif manque à l’autre, lorsqu’un objet de quête reste hors d’atteinte, lorsqu’un statut n’est pas reconnu, lorsqu’une emprise doit être rompue ou lorsqu’une promesse provoque une dette.
Une conjonction ou une disjonction suppose deux pôles structurants. Une rencontre auxiliaire, un don magique ou un conseil peuvent être décisifs, mais ils ne sont pas des conjonctions au sens fort. Ils fonctionnent comme opérateurs ou relais de potentiel narratif : ils préparent la réunion, la séparation, la délivrance ou la reconnaissance.
| Élément à repérer | Statut narratif | Exemples |
|---|---|---|
| Pôle humain | Personnage avec lequel une relation structurante doit être nouée, retrouvée, rompue ou reconnue. | Époux / épouse, frère / sœur, parent / enfant, héros / princesse captive. |
| Pôle statutaire | Place sociale ou identité que le récit doit rendre visible ou restaurer. | Souillon méprisée / épouse reconnue, cadet méprisé / héros reconnu. |
| Pôle matériel | Objet de quête lorsque tout le récit organise son obtention, sa perte ou sa restitution. | Eau de vie, oiseau merveilleux, objet volé à retrouver. |
| Opérateur ou auxiliaire | Ce qui rend possible une résolution sans être le pôle visé. | Vieille femme secourable, cheval merveilleux, animal auxiliaire, formule, conseil, objet magique donné en chemin. |
| Signe ou preuve | Ce qui conserve la vérité d’une relation en attendant sa reconnaissance. | Anneau, mouchoir, chaussure, cheveux, chant, marque corporelle, enfants nés de l’union. |
La question est : « quels sont les pôles dont la relation fait tenir ou aboutir le conte ? ». Un pôle conjonctif peut apparaître tardivement dans le fil du récit, et ce n’est qu’à la fin de l’histoire que l’enjeu conjonctif se révèle pleinement. Une aide peut être décisive sans être une conjonction. Un objet magique peut être un simple outil, alors qu’un autre objet devient le véritable pôle matériel du récit.
3. Lire les grands mouvements conjonctifs et disjonctifs
Les notations CONJ+ / CONJ- / DISJ- / DISJ+ qualifient les grands mouvements entre pôles. Elles servent à comprendre le sens du trajet : réunir ce qui doit l’être, séparer ce qui doit être séparé, sortir d’une emprise, restaurer un statut ou rendre visible une identité véritable.
| Mouvement | Relation entre pôles | Intention pour ajuster la parole |
|---|---|---|
| CONJ+ | Conjonction favorable entre pôles compatibles ou destinés à être réunis : époux reconnus, frère et sœur retrouvés, héros et objet de quête rejoints, identité véritable publiquement révélée. | Marquer l’apaisement, la réparation, la reconnaissance ou l’installation d’un état juste. |
| CONJ- | Conjonction dangereuse entre un personnage et un pôle d’emprise : ogre, diable, ravisseur, animal-fiancé inquiétant, marâtre ou belle-mère jalouse. | Faire ressentir que le rapprochement apparent est une capture, une fausse alliance ou une menace. |
| DISJ- | Disjonction défavorable entre pôles qui devraient rester ou devenir conjoints : époux séparés, sœur éloignée de ses frères, enfant abandonné, héros privé de son statut, objet de quête perdu. | Marquer la perte, l’écart, l’injustice, l’absence ou la reconnaissance empêchée. |
| DISJ+ | Disjonction libératrice entre un personnage et un pôle négatif : fuir l’ogre, rompre une union forcée, quitter un foyer hostile, sortir d’un enchantement. | Faire entendre la délivrance, la respiration, la coupure nécessaire et la possibilité d’un nouveau départ. |
Décisions de préparation
- Identifier les pôles principaux avant de classer un mouvement en CONJ ou DISJ.
- Distinguer les pôles, les adversaires, les auxiliaires, les signes et les objets-outils.
- Repérer les opérateurs qui rendent possible la réunion, la séparation, la délivrance ou la reconnaissance.
- Repérer les relais qui gardent le potentiel narratif en réserve : promesse, objet, signe, dette, interdiction, parole ou secret.
4. Identifier le processus dominant du conte
Le conte merveilleux organise un trajet : quitter la maison, entrer dans la forêt, descendre sous terre, traverser une rivière, rejoindre un château, fuir, revenir, être reconnu. Ce trajet spatial devient plus lisible lorsqu’il est relié aux pôles du récit.
Certains contes reposent surtout sur une disjonction défavorable à réparer. D’autres sur une conjonction positive à obtenir. D’autres encore commencent par une conjonction négative dont il faut sortir avant qu’une relation positive puisse exister.
| Processus | Forme générale | Ce qu’il faut préserver |
|---|---|---|
| Processus conjonctif | Deux pôles séparés doivent être réunis. | La distance initiale, les obstacles, les opérateurs de résolution, la scène de réunion ou de reconnaissance. |
| Processus disjonctif | Un personnage doit être séparé d’un pôle négatif. | La montée du danger, le moment de rupture, la fuite, la délivrance ou le désenchantement. |
| Double conjonction | Une première conjonction reste fragile, privée ou incomplète ; une disjonction intermédiaire impose une seconde conjonction publique et définitive. | La première rencontre, la rupture intermédiaire, le signe conservé, la reconnaissance finale. |
| Processus mixte ou composite | Plusieurs mouvements structurants se combinent : une sortie d’emprise et une réunion entre pôles conjonctifs, une reconnaissance ou une restauration de statut. | Les scènes où plusieurs enjeux se nouent dans un même objet, une même épreuve ou une même reconnaissance. |
La double conjonction ne désigne pas deux rencontres quelconques. Elle décrit une structure : une première relation entre pôles qui s’établit de façon privée et invisible pour le monde social, une rupture intermédiaire, puis une seconde relation validée socialement par la reconnaissance, la preuve ou le changement de statut.
Questions de travail
- Quels pôles sont séparés au début ?
- Quel pôle négatif retient, menace ou enferme ?
- Quel trajet rapproche les pôles désirables ou éloigne le personnage d’un pôle d’emprise ?
- La fin apporte-t-elle réunion, délivrance, restitution, reconnaissance ou changement de statut ?
5. Distinguer les scènes indispensables sans supprimer les répétitions
Toutes les scènes n’ont pas le même poids. Certaines portent la structure du conte. D’autres enrichissent, amplifient, préparent ou relancent. Le critère principal n’est pas la longueur de la scène, mais sa fonction dans le potentiel narratif.
Une scène brève peut être indispensable si elle introduit l’objet qui reconnaîtra le héros, la parole qui déclenchera le retour, l’aide qui rendra l’impossible franchissable, le signe qui conservera la vérité ou l’épreuve qui qualifiera réellement le personnage.
Les répétitions demandent une attention particulière. Dans le conte merveilleux, elles installent le rythme, renforcent l’attente, font monter l’épreuve, donnent au public le temps d’entrer dans la logique du merveilleux et préparent la variation décisive. Ecourter les trois rencontres, les trois essais, les trois visites, les trois tâches ou, d’une façon générale, les trois étapes caractéristiques du conte merveilleux affaiblirait la dimension poétique conte.
- Quelle scène déclenche vraiment l’action ?
- Quelle scène qualifie le personnage ?
- Quel opérateur modifie la suite du récit ?
- Quelle scène prépare la reconnaissance finale ?
- Quelle répétition fait monter l’attente, l’épreuve ou l’entrée dans le merveilleux ?
- Que perdrait le conte si cette répétition était supprimée ?
- Classer les scènes en indispensables, utiles, facultatives.
- Ne pas oublier l’objet, le signe ou la parole qui servira plus tard.
- Préserver les répétitions qui portent le rythme, l’épreuve ou la montée du merveilleux.
- Vérifier que les coupes ne détruisent pas la relation entre les pôles, une reconnaissance, une disjonction libératrice ou un relais de potentiel narratif.
6. Préparer les images, les objets, les paroles et les signes
Un conte merveilleux se retient souvent par quelques images : une clef tachée de sang, une peau animale brûlée, un enfant abandonné, un puits, une forêt, une robe merveilleuse, un corps changé en pierre, une chaussure qui permet la reconnaissance. Ces images ne demandent pas toujours une explication. Elles doivent trouver leur place dans la parole.
Les objets et les paroles ne sont pas de simples accessoires. Une clef révèle, une bague crée un lien, une pomme endort, une formule ouvre, un chant appelle, un soulier identifie, un mensonge retarde la vérité. Certains objets sont des opérateurs, d’autres des pôles matériels, d’autres encore des signes de reconnaissance.
| Élément | Question à poser avant de raconter | Fonction possible |
|---|---|---|
| Image forte | Que doit voir intérieurement l’auditoire ? | Image à ne pas manquer dans la racontée, parce qu’elle fait sentir une perte, une menace, une transformation ou prépare une reconnaissance. |
| Objet magique opérateur | Quelle impossibilité permet-il de franchir ? | Rendre possible une résolution sans être forcément un pôle. |
| Objet de quête | Est-il réellement l’objet autour duquel le récit s’organise ? | Devenir pôle matériel lorsque sa possession, sa perte ou sa restitution porte le récit. |
| Objet de reconnaissance | Quelle identité ou quelle relation permet-il de prouver ? | Conserver une preuve jusqu’à la scène où elle devient utile. |
| Formule, promesse, interdit | Que déclenche ou maintient cette parole ? | Ouvrir une dette, protéger, menacer, transformer, relancer ou retarder. |
Décisions de préparation
- Choisir quelques images à ne pas manquer.
- Dire ces images avec précision, sans commentaire superflu.
- Identifier et mémoriser les objets qui serviront plus tard dans le récit.
- Conserver les formules importantes.
- Rendre visible ou audible le signe de reconnaissance.
7. Adapter, mémoriser et garder une part de mystère
Une même version ne se raconte pas de la même manière selon le public, la durée, le lieu, l’âge des auditeurs, le contexte scolaire, familial, culturel ou artistique. Adapter demande de choisir ce qui peut être raccourci, déplacé ou atténué, tout en conservant les pôles structurants, les opérateurs décisifs, les images fortes et les signes de reconnaissance.
Mémoriser un conte merveilleux revient d’abord à mémoriser un parcours. Le conteur retient les lieux, les seuils, les rencontres, les objets donnés, les épreuves, les paroles à reprendre, les signes de reconnaissance et les mouvements entre les pôles. La parole suit alors une tension intérieure, un fil narratif, pas une ligne écrite a priori.
L’analyse narratologique aide à clarifier le mouvement du récit, mais elle ne doit pas effacer la puissance d’énigme. Une peau animale, une chambre interdite, un sang impossible à effacer, une voix d’animal ou un objet contenant la vie peuvent rester partiellement obscurs. Le conteur peut comprendre leur fonction sans l’expliquer au public.
Carte narrative légère
| Repère | À noter pour soi |
|---|---|
| Situation initiale | Qui manque de quoi ou de qui ? qui est éloigné, rabaissé ou menacé ? |
| Pôles | Quels sont les pôles humains, statutaires ou matériels qui structurent le conte ? |
| Déclencheur | Quel écart, quelle perte ou quelle emprise lance le récit ? |
| Processus dominant | Le conte cherche-t-il à réunir, séparer, délivrer, reconnaître ou restaurer ? |
| Opérateurs et relais | Quels objets, paroles, aides, promesses, signes ou dettes maintiennent l’attente ? |
| Reconnaissance | Comment la vérité devient-elle visible ? devant qui ? grâce à quel signe ? |
| Clôture | Quels pôles sont réunis, séparés, délivrés ou reconnus ? |
En résumé
Travailler un conte merveilleux avant de le raconter, c’est préparer une parole libre et fidèle au mouvement du récit. Ce travail passe par la comparaison des versions, le choix d’une forme racontable, le repérage des pôles, des scènes indispensables, des images fortes, des objets actifs, des paroles décisives et des signes de reconnaissance.
Les notions de potentiel narratif, de conjonction et de disjonction aident à voir ce que le conte rapproche, sépare, menace, délivre ou reconnaît. Elles servent surtout à préserver la tension du récit lorsque l’on coupe, adapte, simplifie ou mémorise.
Lorsque le conte est bien préparé, le conteur ou la conteuse n’a pas besoin de réciter. Il ou elle suit un parcours intérieur, habite les scènes et laisse la parole trouver sa forme naturellement devant le public.
Repères bibliographiques pour travailler un conte merveilleux avant de le raconter
Cette bibliographie rassemble des ressources utiles pour préparer un conte merveilleux avant la racontée : choix d’une version, comparaison des variantes, identification du conte-type, repérage des motifs, compréhension des scènes fortes, attention aux images, aux objets, aux seuils, aux paroles décisives et aux processus narratifs.
Travailler un conte avant de le raconter ne consiste pas à accumuler des explications. Le travail documentaire, poétique et narratologique sert à mieux voir le récit, à comprendre son mouvement, à respecter sa logique profonde et à préparer une parole plus libre.
Identifier le conte-type et situer les versions
-
Paul Delarue et Marie-Louise Tenèze, Le Conte populaire français : catalogue raisonné des versions de France et des pays de langue française d’outre-mer, Paris, Maisonneuve et Larose, 1957-1985.
Notice BnF
Référence fondamentale pour repérer les versions françaises et francophones d’un conte-type. Le catalogue aide à ne pas confondre une version célèbre avec l’ensemble de la tradition. -
Hans-Jörg Uther, The Types of International Folktales : A Classification and Bibliography, Helsinki, Folklore Fellows’ Communications, n° 284-286, édition révisée et augmentée, 2024.
Notice Folklore Fellows
Outil de référence pour situer un conte dans la classification internationale ATU. Utile lorsqu’un conte local appartient à une famille narrative largement diffusée. -
Stith Thompson, Motif-Index of Folk-Literature, Bloomington, Indiana University Press, 1955-1958.
Volume numérisé sur Internet Archive
Répertoire classique des motifs narratifs. Il aide à distinguer une trame de conte complète d’un élément plus mobile : animal auxiliaire, objet magique, interdit, tâche impossible, métamorphose ou signe de reconnaissance. -
Galina Kabakova, D’un conte l’autre, Paris, Flies France, 2018.
Compte rendu dans la Revue des études slaves
Ouvrage utile pour comprendre les circulations, les parentés et les écarts entre contes, en particulier dans les traditions slaves et européennes.
Comprendre la structure, le mouvement et le potentiel narratif
-
Vladimir Propp, Morphologie du conte, Paris, Seuil, coll. « Points », traduction française.
Notice Seuil
Référence majeure pour repérer les fonctions narratives : manque, départ, épreuve, don magique, combat, retour, reconnaissance. -
Marie-Louise Tenèze, travaux sur l’organisation narrative des contes merveilleux, notamment dans le cadre du Conte populaire français.
Notice du site sur Marie-Louise Tenèze
Référence essentielle pour penser le conte merveilleux comme organisation narrative, avec ses mouvements de séparation, de quête, de réparation et de relation entre pôles. -
Denise Paulme, La Mère dévorante : essai sur la morphologie des contes africains, Paris, Gallimard, 1976.
Notice BnF
Référence utile pour penser les formes du récit : montée, descente, cycle, miroir, spirale ou enchaînement d’épreuves. -
Claude Brémond, Logique du récit, Paris, Seuil, 1973.
Notice BnF
Référence utile pour observer les bifurcations narratives : réussir ou échouer, aider ou trahir, ouvrir ou refuser, partir ou rester.
Voir les images, les objets et la poétique du merveilleux
-
Nicole Belmont, Poétique du conte : essai sur le conte de tradition orale, Paris, Gallimard, 1999.
Compte rendu sur OpenEdition
Référence essentielle pour comprendre le conte comme forme issue de la mémoire, de l’image intérieure et de la transmission orale. -
Max Lüthi, Once Upon a Time : On the Nature of Fairy Tales, Bloomington, Indiana University Press, 1976.
Notice Indiana University Press
Référence classique pour comprendre la stylisation du conte merveilleux : netteté des objets, distance, évidence des actions, éclat des images et force des contrastes. -
Bernadette Bricout, La Clé des contes, Paris, Seuil, 2005.
Notice Seuil
Ouvrage précieux pour observer les objets, gestes, formules, lieux, passages et images qui donnent au conte sa profondeur poétique. -
Yvonne Verdier, Façons de dire, façons de faire : la laveuse, la couturière, la cuisinière, Paris, Gallimard, 1979.
Notice BnF
Référence utile pour comprendre les gestes, les travaux domestiques, les âges de la vie et les transmissions féminines qui traversent de nombreux contes.
Lire les versions avec recul
-
Maria Tatar, The Annotated Classic Fairy Tales, New York, W. W. Norton, 2002.
Notice W. W. Norton
Référence accessible pour comparer des versions classiques, repérer les contextes éditoriaux et observer comment un conte change selon les textes retenus. -
Jack Zipes dir., The Great Fairy Tale Tradition : From Straparola and Basile to the Brothers Grimm, New York, W. W. Norton, 2001.
Notice W. W. Norton
Anthologie critique utile pour replacer les grands contes européens dans une histoire longue des versions, des réécritures et des éditions. -
Marina Warner, From the Beast to the Blonde : On Fairy Tales and Their Tellers, Londres, Chatto & Windus, 1994.
Notice Marina Warner
Référence importante pour relier contes, voix des conteuses, figures féminines, animalité, métamorphose, culture matérielle et transmission. -
Catherine Velay-Vallantin, L’Histoire des contes, Paris, Fayard, 1992.
Notice BnF
Ouvrage utile pour replacer les contes dans leur histoire éditoriale, sociale et culturelle.
Repères
- Pour identifier le conte-type : Delarue-Tenèze, Uther.
- Pour repérer les motifs : Thompson, Kabakova.
- Pour suivre la structure et le mouvement narratif : Propp, Tenèze, Paulme, Brémond.
- Pour voir la poétique du merveilleux : Belmont, Lüthi, Bricout, Verdier.
- Pour comparer les versions et les réécritures : Tatar, Zipes, Warner, Velay-Vallantin.