Laura Kready

Laura F. Kready

A Study of Fairy Tales, pédagogie, littérature enfantine et étude des contes au début du XXe siècle

A Study of Fairy Tales, publié en 1916, appartient à un moment particulier de l’histoire des études sur les contes. Le livre ne cherche pas à produire une classification savante comparable à Aarne-Thompson, ni une morphologie structurale comparable à Propp. Son objectif principal est pédagogique : établir pourquoi les contes de fées méritent une place dans l’éducation des jeunes enfants, comment les choisir, comment les raconter, et dans quelles traditions littéraires les situer.

L’intérêt de Laura F. Kready pour l’étude des contes merveilleux tient à cette position intermédiaire. Elle lit les contes comme héritage littéraire, comme art du récit, comme matière éducative et comme champ documentaire. Son livre donne une image très précise de la réception scolaire et pédagogique du conte dans le monde anglophone du début du XXe siècle.

Nom complet Laura Fry Kready.
Dates 1874-1928.
Ouvrage principal A Study of Fairy Tales, Boston, Houghton Mifflin, 1916.
Introduction Henry Suzzallo, alors président de l’Université de Washington.
Public visé Enseignant·e·s de kindergarten et de premières classes, bibliothécaires, éducateur·rice·s, conteur·euse·s.
Question centrale Quels contes choisir pour de jeunes enfants, pourquoi les choisir, et comment les transmettre ?
Un livre de pédagogie littéraire plus qu’un traité de folkloristique

Kready situe les contes de fées dans la littérature destinée aux enfants. Elle part d’un problème scolaire : la littérature enfantine commence à être reconnue comme un domaine propre, mais elle manque encore de critères de choix, de méthodes et de formation pour les enseignant·e·s.

Son livre organise les contes de fées comme une unité d’enseignement pour les enfants de cinq à sept ans. Trois pôles doivent être tenus ensemble : l’enfant, le conte lui-même, et la manière de l’enseigner. Cette articulation donne au livre sa forme : valeur éducative, principes de sélection, art du racontage, histoire du conte, classes de récits, sources de matériaux.

Pôle Question posée Conséquence pour l’étude des contes
L’enfant Quels intérêts, émotions, instincts, capacités de jeu et d’imagination sont mobilisés ? Le conte est évalué selon sa portée affective, morale, imaginative et expressive.
Le conte Quelles qualités littéraires, narratives et historiques possède-t-il ? Les récits sont étudiés comme classiques, comme formes de composition et comme héritage culturel.
L’enseignement Comment sélectionner, préparer, raconter et prolonger le conte ? La transmission orale devient un art, avec préparation, adaptation et retour créatif de l’enfant.
Le plan du livre

L’ouvrage se compose d’une introduction par Henry Suzzallo, de six chapitres, d’une annexe, d’un plan détaillé et d’un index. Le plan montre clairement l’ambition du livre : traiter le conte comme matière littéraire, objet d’histoire, outil de racontage et ensemble de sources pratiques.

Partie Contenu Intérêt pour le lecteur
Introduction Défense de la place des contes dans l’éducation de l’enfant. Éclaire le contexte pédagogique américain du début du XXe siècle.
I. The Worth of Fairy Tales Valeur morale, esthétique, imaginative et éducative des contes. Montre pourquoi le conte n’est pas seulement divertissement.
II. Principles of Selection for Fairy Tales Critères de choix des récits pour les jeunes enfants. Met en relation intérêt de l’enfant, qualité littéraire et forme narrative.
III. The Telling of Fairy Tales Préparation du conteur ou de la conteuse, art du récit oral, adaptation. Donne une place centrale à la performance racontée.
IV. The History of Fairy Tales Origines, théories, transmissions orales et littéraires. Offre une synthèse accessible des théories alors disponibles.
V. Classes of Fairy Tales Classement pédagogique des types de récits disponibles. Propose une typologie fondée sur l’usage éducatif et la forme narrative.
VI. Sources of Material for Fairy Tales Listes de contes, collections, images, livres et poèmes. Documente les sources anglophones et européennes utilisées par les enseignant·e·s.
La valeur des contes de fées

Kready défend les contes contre une critique ancienne : les contes seraient des mensonges, des fantaisies inutiles, ou des récits qui détournent l’enfant du réel. Sa réponse passe par la littérature. Le conte ne transmet pas des connaissances scientifiques. Il donne une expérience imaginaire, affective et morale.

La préface de Suzzallo insiste sur ce point : les contes de fées n’ont pas pour fonction immédiate d’instruire par informations exactes. Ils forment par l’expérience indirecte. L’enfant éprouve peur, pitié, humour, admiration, sympathie ou aversion, et ces réactions orientent peu à peu son jugement.

  • Valeur imaginative : le conte donne accès à un monde d’objets personnifiés, de souhaits, d’épreuves et de transformations.
  • Valeur émotionnelle : l’enfant y éprouve des affects qui ne sont pas seulement personnels, mais partageables.
  • Valeur morale : le conte rend sensibles l’aide, la bonté, la cruauté, l’ingratitude, le courage, la récompense et la punition.
  • Valeur littéraire : le conte possède forme, rythme, composition, images, tension dramatique et dénouement.
  • Valeur culturelle : le conte transmet un héritage de récits communs, venus de traditions orales et littéraires anciennes.

La défense de Kready reste marquée par son temps, mais elle annonce un point durable : les contes merveilleux ne s’évaluent pas seulement par leur contenu moral explicite. Leur puissance tient aussi à la forme, à l’émotion et à l’expérience symbolique.

Les principes de sélection

Le second chapitre cherche à répondre à une question pratique : quels contes donner aux jeunes enfants ? Kready ne propose pas une sélection automatique. Elle combine plusieurs critères : intérêt de l’enfant, qualité de littérature, composition narrative, émotion, imagination, vérité humaine, simplicité de forme.

Elle applique au conte des critères empruntés à la critique littéraire. Un bon conte doit toucher les émotions, éveiller l’imagination, posséder une base de vérité humaine, et présenter une forme suffisamment achevée. Kready cite notamment Sainte-Beuve, Pater, Winchester, Barrett Wendell et les théoricien·ne·s de la littérature enfantine.

Critère Sens chez Kready Exemple d’application
Classicité Le récit a traversé le temps parce qu’il touche des intérêts durables. Perrault, Grimm, Andersen, Jacobs, Dasent.
Émotion Le conte doit provoquer une réaction juste, vive, stable et humainement significative. Cendrillon, The Steadfast Tin Soldier, The Elves and the Shoemaker.
Imagination Le merveilleux doit nourrir une activité mentale créatrice. Objets animés, animaux parlants, métamorphoses, aides surnaturelles.
Vérité humaine Le récit n’a pas besoin d’être factuellement vrai pour porter une vérité de sentiment ou de conduite. La bonté récompensée, la ruse efficace, l’épreuve formatrice.
Forme Le conte doit avoir unité, progression, climax, clarté et économie. Récits courts, fortement composés, adaptés à la mémoire et au racontage.

La sélection vise aussi à éviter certains récits jugés trop grossiers, trop cruels ou trop complexes pour les très jeunes enfants. Ce tri est représentatif d’une pédagogie de l’époque. Il éclaire la transformation scolaire du folklore : les contes populaires entrent dans l’école après sélection, adaptation et normalisation.

L’art de raconter les contes

Le troisième chapitre donne une place importante au racontage. Kready conçoit le récit oral comme un art pédagogique. Le conteur ou la conteuse ne doit pas simplement lire ou réciter. Il faut connaître le conte, le préparer, en comprendre la forme, les personnages, les effets, le rythme et l’adaptation possible aux enfants.

Le chapitre insiste sur la préparation de l’enseignant·e : choisir le conte pour une raison précise, le connaître comme folklore, littérature et forme courte, imaginer la situation concrète de l’écoute, installer une relation personnelle avec l’auditoire, puis laisser place à une réponse créative de l’enfant.

Étape du racontage Exigence chez Kready Intérêt pour l’étude des contes
Choisir le conte Le choix doit répondre à un but et à une situation d’écoute. Le conte est lié à un contexte de transmission.
Connaître le conte Le connaître historiquement comme folklore, littérairement comme œuvre, narrativement comme short-story. Le récit est placé à la croisée de la tradition, de la forme et de la performance.
Préparer la diction Travailler rythme, images, voix, scènes et progression. Le style oral redevient central.
Adapter sans détruire Rendre le conte accessible sans perdre sa structure ni sa force. Question toujours actuelle dans la médiation des contes.
Observer le retour de l’enfant Dessin, jeu, dramatisation, parole, imitation, réinvention. Le conte se prolonge par appropriation créatrice.

Cette attention au racontage rapproche Kready des préoccupations actuelles sur la performance orale, même si son cadre reste scolaire et prescriptif.

L’histoire des contes selon Kready

Le quatrième chapitre propose une synthèse des théories disponibles au début du XXe siècle. Kready présente les contes comme une évolution, en combinant transmission orale, transmission littéraire, collections savantes et éditions destinées aux enfants.

Sa définition du conte de fées est large. Elle inclut les récits contenant du merveilleux ou de l’extraordinaire : fées, elfes, trolls, animaux parlants, arbres parlants, objets animés, soldats de plomb bavards. Elle exclut le mythe proprement dit et la fable, mais inclut le conte étiologique et certains récits animaliers.

Théorie ou domaine Place dans le livre Lecture actuelle
Contes comme débris de mythes Hypothèse présentée dans l’histoire des origines. Utile comme repère historique, mais trop général si elle devient explication unique.
Théorie aryenne ou naturaliste Les contes seraient liés aux mythes du soleil, de l’aube, de l’orage, de la pluie. Courant aujourd’hui daté, représentatif du XIXe siècle.
Théorie indianiste ou philologique Les contes auraient une origine indienne et se seraient diffusés par les textes et les routes culturelles. Hypothèse historiquement importante, associée à Benfey et à Cosquin.
Identité de la fantaisie primitive Des motifs semblables peuvent apparaître dans plusieurs cultures par conditions mentales comparables. Renvoie au courant anthropologique représenté notamment par Tylor et Lang.
Combinaison des théories Kready préfère une solution composite. Position prudente pour son époque, mais encore peu outillée par la typologie moderne.
Transmission orale et transmission littéraire

Kready distingue deux voies de transmission. La première est orale : les contes circulent par mémoire, répétition, adaptation et racontage. La seconde est littéraire : les récits passent par des recueils, traductions, chapbooks, adaptations pour enfants, livres illustrés et anthologies.

Le chapitre historique donne une place importante aux grandes collections : Reynard the Fox, The Thousand and One Nights, Straparola, Basile, Perrault, Grimm, Andersen, les recueils anglais et celtiques, les contes de Joseph Jacobs, les contes norvégiens de Dasent et les publications américaines.

  • Transmission orale : mémoire collective, répétition, adaptation à l’auditoire.
  • Transmission littéraire ancienne : recueils orientaux, italiens, français, allemands, anglais et scandinaves.
  • Transmission scolaire : éditions pour enfants, manuels, anthologies, listes graduées.
  • Transmission illustrée : livres d’images et supports visuels, importants dans l’éducation enfantine.

Cette partie du livre n’a pas la précision d’une histoire philologique contemporaine. Elle reste utile pour observer comment un lectorat scolaire américain de 1916 pouvait organiser l’héritage européen des contes.

Les classes de contes

Le cinquième chapitre propose une classification qui ne correspond pas à la typologie Aarne-Thompson. Elle est construite pour l’usage éducatif et la sélection de récits adaptés aux jeunes enfants. Les classes mélangent forme, tonalité, âge du récit, degré de réalisme et mode d’intérêt.

Classe chez Kready Définition générale Exemples caractéristiques
Conte accumulatif ou « clock story » Récit fondé sur répétition simple, addition progressive ou variation. The House that Jack Built, The Old Woman and Her Pig, Johnny Cake, The Three Bears.
Conte animalier Récit centré sur animaux parlants, ruse, traits de comportement, anthropomorphisme. Henny Penny, The Three Little Pigs, The Elephant’s Child.
Conte humoristique Récit dont l’intérêt principal est comique ou absurde. Histoires de naïveté, d’inversion, de répétition comique.
Conte réaliste Récit proche du quotidien, mais susceptible d’être conté aux enfants. Histoires domestiques, récits de comportement, récits de situation.
Conte romantique Récit de quête, d’aventure, de danger, de merveilleux ou d’émotion élevée. Red Riding Hood, Jack and the Beanstalk, Sleeping Beauty, Cinderella.
Vieux conte Récit hérité de collections anciennes ou de la tradition orale. Perrault, Grimm, Dasent, Jacobs.
Conte moderne Conte littéraire récent ou récit écrit pour enfants. Andersen, Kipling, Beatrix Potter et autres formes modernes adaptées.

Cette classification est moins utile pour le catalogage scientifique que pour l’histoire de la médiation. Elle montre quels types de récits étaient jugés disponibles, recevables et racontables dans l’école.

Les sources de matériaux

Le dernier chapitre fournit des listes de contes, d’images, de livres, de poèmes et de collections. Les contes de Perrault, Grimm, Dasent, Andersen, Jacobs et Harris y occupent une place importante. Kready signale des récits particulièrement adaptés au kindergarten ou à la première classe.

Cette partie est documentaire. Elle montre comment les contes étaient transmis aux éducateur·rice·s par des listes graduées, des bibliothèques, des catalogues de lecture et des collections considérées comme fiables.

Ensemble de sources Fonction dans le livre Exemples
Perrault Répertoire classique français passé dans l’école anglophone. Cinderella, Little Thumb, Puss-in-Boots, Red Riding Hood, Sleeping Beauty.
Grimm Réservoir de contes traditionnels européens. Briar Rose, The Elves and the Shoemaker, Little Red-Cap, Snow White.
Jacobs Récits anglais et celtiques, très utilisés dans l’éducation enfantine. Henny Penny, Jack and the Beanstalk, The Three Bears, Three Little Pigs.
Dasent Contes norvégiens et scandinaves. Three Billy Goats, Katie Woodencloak, The Lad who went to the North Wind.
Andersen Conte littéraire moderne, souvent retenu pour sa qualité poétique. The Princess and the Pea, The Fir Tree, The Snow Man.
Ce que Kready apporte à l’étude des contes merveilleux
  • Une histoire de la réception éducative : le conte merveilleux est étudié comme matériau scolaire, non seulement comme objet de folklore.
  • Une défense du conte comme littérature : le récit merveilleux est évalué par ses émotions, sa forme, son imagination et sa vérité humaine.
  • Une attention au racontage : la transmission orale est un art qui demande préparation, présence et adaptation.
  • Une typologie d’usage : les classes de contes répondent aux besoins des enfants et des enseignant·e·s, plus qu’à une classification scientifique.
  • Une médiation entre folklore et littérature enfantine : les contes de Perrault, Grimm, Jacobs, Dasent ou Andersen entrent dans un horizon scolaire commun.
  • Une conscience des sources : le livre donne des listes de récits, de recueils et d’éditions disponibles au début du XXe siècle.
Pourquoi ce travail est daté

La valeur historique du livre ne doit pas masquer ses limites. A Study of Fairy Tales appartient à un moment où la psychologie de l’enfant, la pédagogie, la critique littéraire et le folklore se mêlent sans les distinctions méthodologiques actuelles.

Point sensible Limite Lecture actuelle
Finalité scolaire dominante Les contes sont évalués selon leur usage pour de très jeunes enfants. Ne pas confondre valeur pédagogique et valeur folklorique, poétique ou historique.
Critères moraux marqués Le tri des récits vise souvent à protéger ou former l’enfant selon les normes de l’époque. Lire ces critères comme document sur la réception scolaire des contes.
Catégories de classement larges Les classes mélangent forme, genre, âge, tonalité et origine. Les utiliser comme typologie pédagogique, non comme typologie internationale.
Folkloristique peu spécialisée L’origine des contes est présentée par synthèse des théories disponibles, sans enquête propre. Compléter par Aarne-Thompson-Uther, Delarue-Tenèze, Propp, Lüthi, Meletinsky, Courtés.
Adaptation scolaire La simplification ou la sélection peut effacer la rugosité des versions populaires. Comparer les versions scolaires aux textes de collecte et aux traditions orales.
Ce que la lecture actuelle peut encore retenir

Kready reste utile dès qu’on s’intéresse à la transmission des contes aux enfants, à la pédagogie du merveilleux, à l’art du racontage et à la constitution d’un canon scolaire des contes.

  • Le conte comme expérience : l’enfant ne reçoit pas seulement une leçon, mais une forme d’aventure affective.
  • Le conte comme forme littéraire : structure, rythme, émotion et dénouement méritent autant d’attention que le motif.
  • Le conte comme pratique orale : le récit raconté existe dans une relation concrète entre conteur·euse et auditoire.
  • Le conte comme corpus sélectionné : tout répertoire scolaire ou familial résulte de choix historiques.
  • Le conte comme médiation culturelle : Perrault, Grimm, Andersen, Jacobs ou Dasent deviennent des passeurs entre folklore, littérature et enfance.
Kready face aux autres théoricien·ne·s du conte
Auteur ou courant Point d’appui Rapport avec Kready
Perrault, Grimm, Andersen Textes classiques transmis à l’enfance. Kready les traite comme base littéraire et pédagogique du répertoire.
Andrew Lang et Joseph Jacobs Recueils, introductions savantes, notes, diffusion anglophone des contes. Kready s’appuie explicitement sur leurs éditions et leur appareil critique.
Benfey, Cosquin, Tylor, Lang Origines indiennes, mythes, survivances, anthropologie comparée. Kready présente leurs grands types d’hypothèses dans une synthèse pédagogique.
Aarne-Thompson Classification internationale des contes-types. Kready n’utilise pas ce cadre comme outil central ; sa classification reste orientée vers l’usage scolaire.
Propp et Tenèze Structure du conte merveilleux, fonctions, mouvements, organisations narratives. Leur approche permet de dépasser la classification pédagogique de Kready.
Lüthi Style abstrait, unidimensionnalité, forme du conte merveilleux européen. Lüthi donne une théorie stylistique plus rigoureuse de la forme que Kready valorise surtout comme qualité littéraire.
Méthode de lecture actuelle à partir de Kready
  1. Identifier le contexte : un ouvrage pédagogique américain de 1916, destiné aux enseignant·e·s.
  2. Distinguer usage scolaire et analyse folklorique : un conte adapté à l’enfant n’est pas forcément représentatif de toutes ses versions.
  3. Étudier les critères de sélection : émotion, imagination, vérité humaine, forme, classicité, simplicité.
  4. Observer la transmission : raconter, lire, adapter, illustrer, dramatiser, faire répondre l’enfant.
  5. Comparer les classifications : classes pédagogiques de Kready, contes-types AT/ATU, organisations narratives de Propp et Tenèze.
  6. Réintégrer la poétique : motifs merveilleux, objets, seuils, animaux, figures d’aide ou d’opposition.
  7. Replacer le livre dans l’histoire de la réception : Kready montre comment les contes deviennent un patrimoine éducatif.
Synthèse courte pour lecteur non spécialiste

Laura F. Kready publie en 1916 un livre destiné aux enseignant·e·s et aux éducateur·rice·s. A Study of Fairy Tales explique pourquoi les contes de fées peuvent avoir une valeur pour les jeunes enfants, comment les choisir, comment les raconter, comment les classer et où trouver de bons textes.

Son intérêt principal n’est pas la classification savante des contes-types. Il tient à la réception pédagogique du conte merveilleux. Kready défend les contes comme littérature, comme expérience de l’imagination, comme formation émotionnelle et morale, et comme héritage culturel.

Sa méthode est datée par ses critères scolaires et moraux. Elle reste précieuse pour comprendre comment les contes de Perrault, Grimm, Andersen, Jacobs ou Dasent ont été transformés en patrimoine de l’enfance et en matière de racontage.

Repères bibliographiques et ressources

Texte principal

  • Laura F. Kready, A Study of Fairy Tales, Boston, Houghton Mifflin Company, 1916.

Sources et éditions en ligne

Auteur·rice·s et recueils mobilisés par Kready

  • Charles Perrault, Histoires ou contes du temps passé.
  • Jacob et Wilhelm Grimm, Household Tales, édition Margaret Hunt, introduction Andrew Lang.
  • Joseph Jacobs, English Fairy Tales, More English Fairy Tales, Indian Fairy Tales, Reynard the Fox.
  • George Webbe Dasent, Norse Tales.
  • Hans Christian Andersen, Fairy Tales.
  • Thomas Keightley, Fairy Mythology et Tales and Popular Fictions.