Edward Burnett Tylor
Survivances, animisme et lecture anthropologique du merveilleux
Edward Burnett Tylor occupe une place fondatrice dans l’histoire de l’anthropologie culturelle. Son œuvre ne porte pas spécifiquement sur les contes merveilleux. Elle donne pourtant plusieurs outils devenus décisifs pour les comprendre : la culture comme ensemble de croyances, d’arts, de coutumes et d’habitudes acquises ; la notion de survivance ; l’animisme ; la comparaison des mythes, des rites et des traditions populaires.
Dans les contes, un animal parle, une pierre agit, un arbre protège, un mort conseille, une âme voyage, une tête coupée continue à vivre, un objet transporte ou transforme. Tylor permet de lire ces faits merveilleux comme des restes narratifs de représentations plus anciennes. Le conte conserve des formes de pensée où humains, animaux, plantes, objets, morts et esprits partagent une même scène du monde.
Un fondateur de l’anthropologie culturelle
Tylor naît à Londres le 2 octobre 1832 et meurt le 2 janvier 1917 à Wellington, dans le Somerset. Il appartient à une famille quaker. Après un voyage au Mexique dans les années 1850, il se tourne vers l’étude comparée des civilisations, des coutumes et des croyances. Son premier grand livre, Researches into the Early History of Mankind, paraît en 1865. Primitive Culture, publié en 1871, installe durablement son autorité.
Sa carrière marque l’institutionnalisation de l’anthropologie britannique. Il enseigne à Oxford, où il devient le premier professeur d’anthropologie. Son œuvre appartient à l’évolutionnisme du XIXe siècle : les sociétés y sont souvent ordonnées selon une progression allant des formes dites « primitives » aux formes dites « civilisées ». Ce cadre est aujourd’hui daté. Les notions de survivance et d’animisme gardent une importance historique forte.
- 1832 : naissance à Londres.
- 1865 : publication de Researches into the Early History of Mankind.
- 1871 : publication de Primitive Culture, en deux volumes.
- 1884-1909 : enseignement à Oxford.
- 1912 : anoblissement.
- 1917 : décès à Wellington.
Primitive Culture : une théorie générale de la culture
Le titre complet de Primitive Culture annonce l’ambition du livre : étudier le développement de la mythologie, de la philosophie, de la religion, de l’art et des coutumes. Tylor définit la culture dans un sens ethnographique très large : connaissance, croyance, art, morale, droit, coutume et habitudes acquises par l’être humain comme membre d’une société.
Cette définition concerne directement l’étude des contes. Le récit populaire appartient à un ensemble plus vaste : croyances, pratiques, jeux, proverbes, devinettes, rites, superstitions, langage, images du monde. Un conte merveilleux n’est donc pas isolé dans l’imaginaire. Il se rattache à des manières de penser, de classer et d’expliquer les relations entre vivants, morts, animaux, lieux et objets.
Le premier volume traite notamment de la science de la culture, du développement culturel, des survivances, du langage expressif, du calcul et de la mythologie. Le second volume prolonge l’enquête sur l’animisme, les âmes, les esprits, les dieux, les rites et les cérémonies.
| Partie de l’œuvre | Contenu principal | Intérêt pour les contes |
|---|---|---|
| Science de la culture | Définition de la culture et méthode comparative. | Inscrire les récits dans un système culturel complet. |
| Survivance | Maintien de formes anciennes dans des sociétés plus récentes. | Lire certains motifs comme traces de croyances ou pratiques anciennes. |
| Mythologie | Étude des personnifications, des récits naturels et des mythes explicatifs. | Comprendre les liens entre conte, mythe et imagination du monde. |
| Animisme | Âmes, esprits, fantômes, êtres naturels, lieux habités par des puissances. | Éclairer les animaux parlants, objets actifs, morts présents et métamorphoses. |
| Rites et cérémonies | Sacrifice, purification, orientation, usages funéraires. | Rattacher certains épisodes merveilleux à des gestes rituels ou à leur mémoire. |
La survivance : une notion majeure pour le folklore
La notion de survivance constitue l’un des apports les plus durables de Tylor. Une croyance, un usage, une formule, un jeu, une peur ou un geste peut rester vivant alors que le cadre qui lui donnait son sens premier a disparu. Le phénomène conserve une forme reconnaissable. Sa fonction change.
Tylor applique cette idée aux jeux d’enfants, aux proverbes, aux devinettes, aux formules traditionnelles, aux superstitions, aux rites, aux pratiques magiques et aux croyances populaires. Le mot « superstition » lui paraît insuffisant pour l’analyse, car il porte un jugement. Le terme « survivance » désigne d’abord un fait historique : quelque chose continue, se transforme ou se déplace.
Dans le conte merveilleux, la survivance se manifeste sous forme narrative. Le public peut ne plus croire sérieusement aux arbres habités, aux animaux-ancêtres ou aux objets animés. Le récit maintient cependant ces figures dans une logique efficace : l’arbre nourrit, l’animal parle, l’objet obéit, le mort revient, l’interdit agit.
| Type de survivance | Exemple dans les traditions populaires | Écho possible dans le conte merveilleux |
|---|---|---|
| Formule | Parole traditionnelle dont le sens premier s’est affaibli. | Formule magique, bénédiction, malédiction, parole efficace. |
| Jeu | Imitation enfantine d’un ancien geste social ou rituel. | Épreuve, poursuite, cachette, seuil à franchir. |
| Croyance | Présence d’un esprit, d’un présage ou d’une puissance invisible. | Auxiliaire invisible, revenant, interdit, voix entendue. |
| Rite | Geste conservé sous une forme atténuée ou symbolique. | Purification, sacrifice substitutif, dépôt d’objet, traversée de l’eau ou du feu. |
| Superstition | Ancienne explication maintenue dans la vie ordinaire. | Tabou alimentaire, mauvais œil, pouvoir du nom, danger du regard. |
L’animisme : âmes, esprits et puissances du monde
Tylor propose une définition minimale de la religion : la croyance en des êtres spirituels. Il nomme cette doctrine générale « animisme ». L’animisme part de l’idée d’âme, puis s’étend aux esprits, aux fantômes, aux démons, aux divinités, aux lieux, aux arbres, aux eaux, aux animaux et aux objets.
Dans cette perspective, les morts gardent une présence, les animaux peuvent recevoir une âme humaine, les plantes peuvent être habitées, les objets peuvent porter une puissance. Les songes, les visions, la maladie, la mort, le double, l’ombre, le souffle, le sang et la voix servent à construire une philosophie du vivant et de l’invisible.
Cette théorie donne un cadre très utile pour les contes merveilleux. Le monde du conte fonctionne souvent comme un monde animiste. Les frontières entre personne, animal, arbre, pierre, source, maison, outil et mort restent poreuses. Un objet n’est pas seulement un instrument. Un animal n’est pas seulement une bête. Un lieu peut vouloir, retenir, protéger ou punir.
Dans une fiche de conte-type, l’usage de Tylor devient pertinent lorsque le motif a un rôle narratif clair : l’animal conseille, l’objet contraint, l’arbre nourrit, le mort révèle, l’eau transforme. Le simple mot-clé ne suffit pas. Le contexte de l’épisode reste décisif.
Mythe, conte et personnification de la nature
Tylor consacre une partie importante du premier volume à la mythologie. Il étudie la façon dont les humains ont personnifié le soleil, la lune, les étoiles, l’eau, le vent, le tonnerre, l’arc-en-ciel, la chute d’eau, la maladie ou la mort. Le mythe naît souvent d’une expérience concrète, prolongée par l’analogie, la métaphore et la personnification.
Ce point touche directement les contes merveilleux. Une montagne peut devenir gardienne. Une source peut donner la vie ou la mort. Une forêt peut cacher une puissance. Le soleil, la lune ou le vent peuvent agir comme personnages ou auxiliaires. Le merveilleux transforme des phénomènes naturels en agents narratifs.
Tylor ne fournit pas une classification des contes-types. Il fournit une grammaire anthropologique de certains motifs : pourquoi une chose devient personne, pourquoi une qualité devient être, pourquoi une métaphore peut se matérialiser en récit.
| Élément naturel | Transformation narrative possible | Usage dans le merveilleux |
|---|---|---|
| Soleil, lune, étoiles | Personnages, parents, témoins, auxiliaires ou espaces à atteindre. | Quête cosmique, aide surnaturelle, épreuve impossible. |
| Forêt | Lieu habité, hostile, nourricier ou initiatique. | Perte, seuil, rencontre avec l’Autre Monde. |
| Source, rivière, mer | Passage, purification, frontière, danger ou métamorphose. | Traversée, délivrance, séparation, retour. |
| Vent, orage, tonnerre | Voix, force, colère, messager ou adversaire. | Transport magique, punition, puissance cosmique. |
| Mort ou maladie | Être personnifié, force active, adversaire, visiteur. | Conte religieux, pacte, résurrection, menace surnaturelle. |
Les animaux parlants et les êtres non humains
Les contes merveilleux sont remplis d’animaux qui parlent, conseillent, remercient, punissent ou sauvent. Tylor aide à comprendre ce phénomène sans le réduire à une convention littéraire. Dans une pensée animiste, l’animal peut recevoir une âme, porter une intention, prolonger un ancêtre ou servir de médiateur avec l’invisible.
Cette lecture éclaire plusieurs scènes fréquentes : le poisson épargné qui donne une aide, l’oiseau qui révèle une vérité, le cheval qui conseille le héros, le serpent qui protège une maison, la bête qui se révèle prince ou princesse, l’animal qui porte l’âme d’un mort.
La prudence reste nécessaire. Un animal de conte peut remplir plusieurs fonctions : auxiliaire merveilleux, adversaire, double du héros, parent caché, messager, victime reconnaissante, forme provisoire d’un être humain. L’anthropologie de Tylor donne un arrière-plan. L’analyse narratologique doit préciser le rôle exact de l’animal dans la version étudiée.
Objets actifs, fétiches et puissance matérielle
Dans Primitive Culture, l’animisme s’étend aux choses. Un objet peut être habité par un esprit, attaché à une âme, ou fonctionner comme support d’une puissance. Cette réflexion rejoint directement les objets magiques des contes : anneau, clef, baguette, coffret, miroir, plume, peau, couteau, bride, bourse, lampe, peigne, pierre, table ou moulin.
Le conte merveilleux donne aux objets une capacité d’action. Ils transportent, nourrissent, révèlent, rendent invisible, ouvrent un passage, appellent un auxiliaire, contraignent un adversaire ou gardent l’identité d’un personnage. L’objet n’est pas décoratif. Il porte une relation entre le héros, l’Autre Monde et les puissances invisibles.
| Objet de conte | Fonction narrative | Lecture inspirée de Tylor |
|---|---|---|
| Baguette, anneau, lampe | Faire apparaître, transformer, commander. | Objet comme support d’une puissance invisible. |
| Clef | Ouvrir, interdire, révéler une transgression. | Objet lié au seuil, au secret et au pouvoir d’accès. |
| Peau ou plume | Changer d’apparence, passer d’une forme à une autre. | Matière porteuse d’identité et de métamorphose. |
| Miroir | Voir à distance, révéler, tromper ou reconnaître. | Objet médiateur entre présence visible et puissance cachée. |
| Os, sang, cheveux | Conserver une trace du corps ou permettre une résurrection. | Fragment corporel doté d’une force persistante. |
Morts, revenants et âmes errantes
Le second volume de Primitive Culture étudie longuement la survie de l’âme après la mort, les fantômes attachés au corps, les morts sans sépulture, les repas funéraires et les voyages vers le pays des morts. Ces thèmes traversent de nombreux contes merveilleux et religieux.
Le mort peut revenir demander réparation, protéger un enfant, révéler une injustice, punir un meurtrier ou exiger un rite. Une âme peut quitter le corps, être déplacée, enfermée, transférée dans un animal, une plante ou un objet. Le conte transforme ces croyances en épisodes efficaces.
Les récits de visite au monde des morts, de repas avec les défunts, de fiancée morte, de revenant reconnaissant ou d’âme emprisonnée relèvent de ce champ. Chez Tylor, ces motifs forment un ensemble cohérent : le mort reste proche, actif, parfois dangereux, parfois secourable.
Rites, tabous et gestes conservés dans le récit
Tylor accorde une large place aux rites et aux cérémonies : prière, sacrifice, purification par l’eau ou le feu, offrandes, jeûne, orientation, usages funéraires. Les contes merveilleux conservent souvent ces gestes sous forme narrative.
Un héros doit se purifier, respecter un interdit, ne pas regarder, ne pas manger, ne pas parler, traverser l’eau ou le feu, offrir quelque chose, remplacer une victime, accomplir un geste trois fois. Ces scènes peuvent être lues comme des formes narratives de rites, de tabous ou de conduites symboliques.
- Interdit alimentaire : ne pas manger chez l’adversaire, ne pas goûter au repas des morts, ne pas boire à une source dangereuse.
- Purification : lavage, eau vive, bain, feu, cendre, changement de vêtement.
- Sacrifice substitutif : animal ou objet donné à la place d’un être humain.
- Orientation et seuil : porte, fenêtre, pont, rivière, montagne, tombe, chambre interdite.
- Répétition rituelle : trois nuits, trois coups, trois dons, trois épreuves.
Tylor, Lang et l’école anthropologique
Andrew Lang reprend directement plusieurs outils de Tylor. Il applique la notion de survivance et l’animisme aux contes merveilleux. Les éléments impossibles du conte – métamorphoses, animaux parlants, mères animales, objets actifs – deviennent chez Lang des indices de représentations anciennes, proches de celles que Tylor avait étudiées dans les religions, les mythes et les coutumes.
Joseph Bédier situe cette école anthropologique dans le débat sur les origines des contes. À côté de l’orientalisme de Benfey et de Cosquin, l’approche issue de Tylor et de Lang cherche dans les contes merveilleux des survivances de mœurs et de croyances abolies. Bédier critique les systèmes trop ambitieux, mais il reconnaît l’importance du problème posé.
| Auteur | Point d’appui | Effet sur l’étude des contes |
|---|---|---|
| Tylor | Culture, survivance, animisme. | Fournit le socle anthropologique de l’école. |
| Lang | Folklore, mythologie, contes merveilleux. | Applique Tylor aux motifs impossibles du conte. |
| Bédier | Critique des grands systèmes d’origine. | Rappelle que les survivances doivent être prouvées par des faits contrôlables. |
| Huet | Synthèse mondiale des collectes. | Intègre les traditions européennes et extra-européennes dans un tableau plus large. |
Ce que Tylor apporte à une poétique du conte merveilleux
Tylor donne une profondeur anthropologique aux motifs merveilleux. Une fiche de conte-type peut s’en servir pour distinguer plusieurs niveaux : structure narrative, motif poétique, fonction rituelle éventuelle, croyance survivante, transformation littéraire.
Les catégories suivantes peuvent enrichir les analyses :
- Animaux-personnes : animaux parlants, parents animaux, auxiliaires, conjoints sous forme animale.
- Objets animés ou puissants : objets qui commandent, protègent, révèlent, nourrissent ou transportent.
- Végétaux habités : arbres nourriciers, plantes secourables, graines merveilleuses, forêts actives.
- Morts actifs : revenants, âmes errantes, ancêtres protecteurs, défunts reconnaissants.
- Métamorphoses : passage entre humain, animal, plante, pierre, astre ou objet.
- Rites narrativisés : sacrifice, purification, tabou, interdit, offrande, passage par l’eau ou le feu.
- Survivances de croyances : éléments encore actifs dans le récit après affaiblissement de leur usage religieux ou social.
Une lecture tylorienne devient féconde lorsqu’elle reste concrète. Il faut partir d’une scène : qui parle ? quel objet agit ? quel interdit opère ? quel être traverse la frontière entre les formes ? L’interprétation vient après cette description.
Limites de Tylor
Tylor appartient à l’anthropologie évolutionniste du XIXe siècle. Son vocabulaire hiérarchise les sociétés selon des stades allant du « sauvage » au « civilisé ». Ces catégories doivent être replacées dans leur époque. Elles ne conviennent plus comme outils descriptifs.
Sa documentation dépend aussi des voyageurs, missionnaires, administrateurs, érudits et ethnographes de son temps. Les récits sont souvent extraits de leur langue, de leur performance et de leur contexte social. Les voix des conteur·euse·s, les situations de collecte et les usages locaux restent en arrière-plan.
L’idée de survivance peut enfin devenir trop facile si elle est appliquée mécaniquement. Un motif étrange n’est pas automatiquement le reste d’une croyance ancienne. Il peut relever d’une contrainte narrative, d’une invention locale, d’une circulation littéraire, d’une plaisanterie, d’un emprunt ou d’une recomposition. Tylor donne des outils. Le contrôle des versions reste indispensable.
Synthèse courte pour lecteur non spécialiste
Edward Burnett Tylor est l’un des fondateurs de l’anthropologie culturelle. Dans Primitive Culture, il étudie les croyances, les mythes, les rites et les coutumes comme des faits culturels comparables. Son œuvre propose deux notions très utiles pour l’étude du conte merveilleux : la survivance et l’animisme.
La survivance désigne le maintien d’une forme ancienne dans un contexte nouveau. L’animisme désigne la croyance en des âmes et des êtres spirituels présents chez les humains, les animaux, les plantes, les objets ou les lieux. Ces deux notions éclairent de nombreux motifs de conte : animaux parlants, objets magiques, arbres secourables, morts qui reviennent, âmes déplacées, métamorphoses et interdits efficaces.
Les limites de Tylor sont celles de son époque : évolutionnisme, vocabulaire hiérarchique, documentation souvent médiatisée par des observateurs extérieurs. Son apport reste important pour la poétique du merveilleux, à condition d’utiliser ses catégories avec prudence et de toujours repartir des versions concrètes.
Repères bibliographiques et liens de référence
Œuvres de Tylor
- Edward Burnett Tylor, Researches into the Early History of Mankind and the Development of Civilization, Londres, John Murray, 1865.
- Edward Burnett Tylor, Primitive Culture : Researches into the Development of Mythology, Philosophy, Religion, Art, and Custom, Londres, John Murray, 1871, 2 vol.
- Edward Burnett Tylor, Anthropology : An Introduction to the Study of Man and Civilization, Londres, Macmillan, 1881.
Textes utiles pour la réception
- Andrew Lang, Custom and Myth, 1884.
- Andrew Lang, Myth, Ritual and Religion, 1887.
- Joseph Jacobs, « Andrew Lang as Man of Letters and Folk-Lorist », Journal of American Folk-Lore, 1913.
- Joseph Bédier, Les Fabliaux, pour la discussion française de l’école anthropologique.
Liens
- BnF Data : Edward Burnett Tylor
- Encyclopaedia Britannica : Edward Burnett Tylor
- Encyclopaedia Britannica : Primitive Culture
- Project Gutenberg : Primitive Culture, volume 1
- Project Gutenberg : Primitive Culture, volume 2
- Project Gutenberg : œuvres d’Edward B. Tylor
- Internet Archive : Primitive Culture, volume 1