Pierre Saintyves
Les contes de Perrault, les rites populaires et l’anthropologie folklorique du début du XXe siècle
Pierre Saintyves, pseudonyme d’Émile Nourry, appartient à la génération des folkloristes français qui ont cherché dans les contes merveilleux les traces d’anciens rites, de coutumes saisonnières, de cérémonies d’initiation et de pratiques magico-religieuses. Son livre Les Contes de Perrault et les récits parallèles, publié en 1923, propose une vaste lecture anthropologique des contes de Perrault.
Ce travail est aujourd’hui daté. Il repose sur des rapprochements parfois trop larges, une terminologie évolutionniste et une conception des « coutumes primitives » qui ne correspond plus aux exigences actuelles de l’anthropologie. Il reste pourtant important pour comprendre un moment de l’histoire des études sur les contes merveilleux : celui où les récits de Perrault sont lus comme les survivances littérarisées de rites anciens et de liturgies populaires.
Une figure du folklore français et de l’anthropologie religieuse
Saintyves se situe au croisement de plusieurs domaines : folklore, anthropologie religieuse, histoire des cultes, traditions populaires, magie, hagiographie, médecine populaire et croyances collectives. Son intérêt pour les contes de Perrault prolonge des travaux consacrés aux rites saisonniers, aux mythes bibliques, aux miracles, aux reliques, aux grottes, aux guérisseurs ou aux pratiques magiques.
Cette formation intellectuelle explique l’orientation de son livre sur Perrault. Les contes sont lus comme des récits tardifs, littérarisés, parfois moralisés, qui auraient conservé des traces d’usages plus anciens. Le texte imprimé devient pour lui un point d’entrée vers une histoire longue des croyances et des pratiques rituelles.
- Héritage folkloriste : comparer les versions, rapprocher les récits parallèles, chercher les survivances.
- Héritage anthropologique : interpréter les motifs à partir de rites, d’initiations, de coutumes et de croyances.
- Héritage religieux : relier contes, liturgies populaires, cérémonies saisonnières et morale rituelle.
Le projet du livre sur Perrault
L’ouvrage de 1923 se présente comme une édition commentée des contes de Perrault. L’éditeur précise que le texte de Perrault est donné conformément aux dernières éditions publiées de son vivant : l’édition de 1695 pour les contes en vers, l’édition de 1697 pour les contes en prose. Saintyves y ajoute les récits parallèles connus et un commentaire d’origine.
La démarche ne cherche pas d’abord les sources littéraires immédiates de Perrault. Elle cherche des arrière-plans plus anciens : traditions orales, coutumes rurales, pratiques de renouvellement de l’année, rites d’initiation, récits religieux, apologues et fabliaux. Perrault est traité comme un auteur qui a donné une forme littéraire à des matériaux déjà anciens.
| Dimension du livre | Fonction dans la méthode |
|---|---|
| Texte de Perrault | Point de départ stable, fondé sur les éditions anciennes. |
| Récits parallèles | Comparaison avec d’autres versions, traditions ou récits apparentés. |
| Origines proposées | Recherche de rites saisonniers, d’initiations, de coutumes et d’apologues religieux. |
| Lecture anthropologique | Les épisodes étranges ou invraisemblables sont interprétés comme traces de pratiques anciennes. |
La classification tripartite des contes de Perrault
Dans sa préface, Saintyves propose de ramener les onze récits de Perrault à trois grandes familles. Cette classification donne la clé de tout l’ouvrage.
| Famille selon Saintyves | Contes concernés | Principe d’interprétation |
|---|---|---|
| Contes d’origine saisonnière | Les Fées, La Belle au bois dormant, Cendrillon, Peau d’Âne, Le Petit Chaperon rouge. | Rites du nouvel an, du printemps, de Mi-Carême, des quêtes saisonnières, des reines cérémonielles et des liturgies populaires. |
| Contes d’origine initiatique | Le Petit Poucet, Barbe-Bleue, Riquet à la Houppe, Le Chat botté. | Épreuves, tentations, mise à mort symbolique, déguisements animaux, objets magiques, initiation sociale ou matrimoniale. |
| Fabliaux ou apologues | Griselidis, Les Souhaits ridicules. | Récits moraux ou religieux, proches du fabliau, de l’apologue et de l’enseignement par exemple. |
Cette tripartition n’est plus recevable comme classification scientifique définitive. Elle reste utile pour comprendre la logique d’un courant d’étude : expliquer les contes par les rites, les usages sociaux et les survivances religieuses.
Les contes d’origine saisonnière
Pour Saintyves, plusieurs contes de Perrault ne doivent plus être rattachés à une mythologie solaire abstraite. Il préfère les relier à des usages saisonniers concrets : Nouvel An, Épiphanie, Chandeleur, Cendres, Mi-Carême, printemps, quêtes, rondes, pompes rurales et cérémonies de renouvellement.
Cette orientation corrige partiellement les lectures solaristes du XIXe siècle. Saintyves ne renonce pas à l’idée que les contes merveilleux sont liés à des mythes. Il déplace l’explication vers les « liturgies populaires », c’est-à-dire vers des cérémonies, rites et coutumes collectives qui auraient donné forme ou matière à certains récits.
Les Fées
Saintyves rattache Les Fées aux pratiques de dons, de paroles efficaces, de récompenses et de sanctions. La bonne fille reçoit une parole féconde ; la mauvaise fille reçoit une parole dégradante. Le conte est lu comme une mise en récit d’une morale rituelle : l’accueil, le service rendu et la parole juste entraînent une fécondité merveilleuse.
La Belle au bois dormant
Saintyves relie La Belle au bois dormant à des coutumes de naissance, de dons aux fées, de repas cérémoniel et de retour cyclique. Les fées entourent l’enfant comme des puissances à traiter rituellement. Le sommeil et le réveil de la princesse prennent place dans une logique de latence et de renaissance.
Cendrillon
Cendrillon est interprété dans le voisinage des rites du foyer, des cendres, du renouvellement et de l’élévation cérémonielle. L’héroïne humiliée, liée à l’âtre, accède aux habits lumineux et au mariage princier. Saintyves rapproche ce parcours de figures de reines saisonnières, de cérémonies de Mi-Carême et de pratiques de passage du monde domestique au monde public.
Peau d’Âne
Peau d’Âne fournit à Saintyves un terrain privilégié pour discuter les interprétations trop étroites. Il refuse de réduire la peau à l’âne seul. Dans les versions parallèles, l’héroïne peut porter d’autres dépouilles animales. Le motif essentiel devient le déguisement animal, l’abaissement apparent, puis le retour à la parure splendide.
Le Petit Chaperon rouge
Saintyves rattache Le Petit Chaperon rouge aux rites et récits du printemps, dans un ensemble où l’enfant, le rouge, le passage, la rencontre dangereuse et la disparition sont lus comme des éléments de cérémonies anciennes ou de mythes saisonniers transformés.
Les contes d’origine initiatique
La seconde grande famille concerne les récits que Saintyves rattache aux rites d’initiation. L’initiation est comprise comme la formation sacrée d’un être social. Elle peut transformer l’enfant en homme, la jeune fille en épouse, le futur chef en détenteur d’un pouvoir, ou le personnage faible en acteur capable de remplir son rôle.
Les signes retenus par Saintyves sont nombreux : épreuves, tentations, simulacres de mort, enfermements, interdits, ogres, cannibalisme, objets magiques, déguisements animaux, métamorphoses, bêtes qui parlent, mise en scène prestigieuse. Ces éléments lui paraissent difficiles à expliquer par la seule fantaisie narrative.
| Conte | Lecture initiatique proposée | Intérêt pour l’étude du merveilleux |
|---|---|---|
| Le Petit Poucet | Passage de l’enfance à la capacité d’agir, confrontation à l’ogre, cannibalisme, épreuves de survie. | Met en relation petitesse, abandon, forêt, ogre et conquête d’une puissance. |
| Barbe-Bleue | Initiation féminine au mariage, chambre interdite, épreuve, menace de mort, délivrance finale. | Souligne le rapport entre mariage, secret, interdiction, sang et danger mortel. |
| Riquet à la Houppe | Éducation ou révélation du pouvoir de l’amour, transformation par la parole et par l’échange. | Fait apparaître le lien entre métamorphose, parole efficace et alliance. |
| Le Chat botté | Formation du futur chef, acquisition de prestige, ruse, changement de statut, accès à la domination. | Montre comment l’auxiliaire animal fabrique socialement un personnage. |
Fabliaux, apologues et morale rituelle
Saintyves distingue enfin une troisième série, moins nombreuse. Griselidis et Les Souhaits ridicules ne sont pas pour lui des contes merveilleux au sens plein. Ils relèvent plutôt du fabliau, de l’apologue et du récit moral ou religieux.
Cette partie est importante car elle montre que Saintyves ne réduit pas tous les contes à la même origine. Il sépare les récits saisonniers, les récits initiatiques et les récits d’enseignement. Pour lui, la morale des contes ne naît pas d’abord d’une intention pédagogique moderne. Elle dériverait de normes et de sanctions liées à de vieux rituels magico-religieux.
Le propos est représentatif d’une époque où l’on expliquait souvent les récits populaires par une longue chaîne : rite ancien, commentaire rituel, récit sacré, conte moral, littérature.
Une méthode fondée sur les récits parallèles
Le titre de l’ouvrage indique une dimension essentielle : Saintyves ne lit pas seulement Perrault. Il rassemble des récits parallèles, des variantes, des comparaisons ethnographiques, des analogies rituelles et des éléments de folklore européen ou extra-européen.
Cette méthode présente un intérêt réel. Elle empêche de traiter Perrault comme l’inventeur des récits. Elle replace les contes imprimés dans une circulation plus vaste. Elle attire l’attention sur les motifs qui reviennent d’un pays à l’autre : peau animale, chambre interdite, ogre, endormissement, réveil, dons, fées, repas rituel, substitution, transformation.
Le risque tient au statut de la preuve. Une analogie ne suffit pas à établir une origine. Un épisode de conte peut ressembler à un rite sans en dériver directement. La méthode de Saintyves ouvre des pistes, mais elle confond souvent rapprochement, survivance et filiation.
Ce que Saintyves apporte à l’étude des contes merveilleux
- Une réhabilitation du fonds oral : Perrault n’est pas lu comme inventeur absolu, mais comme écrivain travaillant des récits plus anciens.
- Une attention aux versions parallèles : le conte imprimé est replacé dans une série de variantes et de récits apparentés.
- Une lecture rituelle des motifs : peau animale, cendres, fées, repas, chambre interdite, ogre, sommeil, réveil et métamorphose sont traités comme des indices de pratiques anciennes.
- Une place accordée aux calendriers populaires : Nouvel An, Épiphanie, Cendres, Mi-Carême, printemps et quêtes saisonnières deviennent des cadres d’interprétation.
- Une lecture sociale de l’initiation : certains contes sont vus comme récits de formation, d’accès au mariage, à l’âge adulte ou au pouvoir.
- Une distinction utile entre familles d’origine : saisonnière, initiatique, apologétique ou fabliauesque.
Pourquoi ce travail est daté
La valeur historique du livre ne doit pas masquer ses limites. Plusieurs aspects relèvent clairement d’un état ancien des sciences humaines.
| Point sensible | Limite | Lecture actuelle |
|---|---|---|
| Vocabulaire des « Primitifs » | Terminologie évolutionniste, aujourd’hui abandonnée. | Employer plutôt sociétés anciennes, pratiques rituelles, traditions comparées, contextes ethnographiques. |
| Survivance rituelle | Tendance à faire dériver directement un conte d’un rite. | Parler avec prudence de résonances, de motifs analogues, de structures symboliques ou de transformations culturelles. |
| Comparatisme large | Rapprochements parfois trop éloignés dans l’espace et le temps. | Hiérarchiser les preuves : versions proches, diffusion attestée, contexte local, puis comparaisons plus larges. |
| Faible attention à la performance orale | Le conteur, la conteuse, la situation de racontage et la langue sont peu présents. | Compléter par les études de collecte, de répertoire, de performance et de transmission. |
| Origine unique | Une même famille de contes peut recevoir une origine dominante trop simple. | Admettre des couches multiples : rites, motifs littéraires, oralité, colportage, réécritures savantes, usages enfantins. |
Ce que la recherche actuelle peut encore retenir
Le livre reste utile lorsqu’on le lit comme document théorique situé. Il ne donne pas une méthode définitive, mais il conserve une force d’attention aux scènes concrètes.
- Partir des détails étranges : peau animale, sang, chambre interdite, sommeil de cent ans, robe lumineuse, ogre, repas, clef, forêt.
- Relier les contes aux pratiques sociales : fêtes, passages d’âge, mariage, quêtes, dons, interdits, sanctions.
- Lire Perrault dans la durée : l’écrivain fixe des récits qui ont déjà circulé, puis ses textes circulent à leur tour.
- Distinguer la morale ajoutée et la logique rituelle : les moralités explicites peuvent recouvrir des structures plus anciennes ou plus ambivalentes.
- Identifier des scènes de passage : enfance vers âge adulte, fille vers épouse, pauvre vers reconnu·e, animal vers humain, mort symbolique vers renaissance.
Une lecture actuelle de Saintyves gagne à conserver les questions, mais à reprendre les réponses avec des outils plus rigoureux : typologie AT/ATU, Delarue-Tenèze, Propp, Lüthi, Lévi-Strauss, Greimas, Brémond, Courtés, histoire de l’édition et étude des collectes.
Quelques exemples de lecture
| Conte | Lecture de Saintyves | Relecture prudente aujourd’hui |
|---|---|---|
| Cendrillon | Récit associé aux cendres, aux fêtes saisonnières et aux figures de reines cérémonielles. | Conte de transformation statutaire où la cendre, le foyer, la parure et le bal organisent un passage de l’abaissement à la reconnaissance. |
| Peau d’Âne | Déguisement animal et rites saisonniers plutôt que simple allégorie solaire. | Conte de fuite devant l’inceste, d’enfouissement sous une peau, puis de réapparition lumineuse par robes impossibles. |
| La Belle au bois dormant | Rites de naissance, dons aux fées, sommeil et réveil liés au renouvellement. | Conte du temps suspendu, du seuil pubertaire, de la clôture du corps et du passage à l’union. |
| Barbe-Bleue | Récit initiatique autour du mariage, de l’interdit, du sang et du danger mortel. | Conte d’emprise conjugale, de chambre interdite, de savoir dangereux et de délivrance par les frères. |
| Le Petit Poucet | Récit initiatique où l’enfant affronte ogre, cannibalisme, abandon et épreuves. | Conte de survie enfantine, de petitesse efficace, de ruse et d’inversion de puissance. |
| Le Chat botté | Récit d’initiation au pouvoir et au rôle social, grâce à l’auxiliaire animal. | Conte de fabrication d’un statut social par ruse, langage, mise en scène et conquête de biens symboliques. |
Place de Saintyves parmi les théoriciens du conte
| Auteur ou courant | Point d’appui | Rapport à Saintyves |
|---|---|---|
| Mythologie comparée du XIXe siècle | Mythes solaires, naturalisme symbolique, survivances. | Saintyves reprend l’idée de survivance, mais déplace l’explication vers les coutumes et liturgies populaires. |
| Andrew Lang | Anthropologie comparée, contes, croyances et coutumes. | Saintyves prolonge l’attention de Lang aux coutumes et aux sociétés dites « primitives », avec une orientation plus rituelle. |
| Arnold Van Gennep | Rites de passage, folklore, calendrier populaire. | Saintyves appartient au même moment intellectuel, mais son interprétation des contes est plus systématiquement ritualiste. |
| Propp | Morphologie et racines historiques du conte merveilleux. | Propp reprend plus rigoureusement la question du rapport entre conte et rite, en critiquant les simples rapprochements non démontrés. |
| Delarue et Tenèze | Catalogue raisonné, versions françaises, classification AT. | Leur travail permet de contrôler les rapprochements par un corpus de versions mieux établi. |
| Lüthi, Courtés, Greimas | Style, poétique, structure, actants, motifs et figuratif. | Ils déplacent la question de l’origine vers la forme, les fonctions, les relations et les effets de sens. |
Méthode de lecture actuelle à partir de Saintyves
- Identifier l’hypothèse de Saintyves : origine saisonnière, initiatique, apologétique ou fabliauesque.
- Revenir au conte-type : situer le récit dans la classification AT/ATU et dans le catalogue Delarue-Tenèze.
- Comparer les versions : vérifier si le motif invoqué est central, fréquent, marginal ou propre à Perrault.
- Séparer analogie et preuve : un rapprochement rituel donne une piste, pas une origine démontrée.
- Décrire la fonction narrative : interdiction, transgression, tâche, aide, fuite, reconnaissance, mariage, sanction.
- Analyser la poétique : matières, couleurs, animaux, seuils, lieux, objets magiques, formes de lumière ou d’abaissement.
- Conserver le contexte historique : Saintyves éclaire aussi la manière dont les folkloristes de son époque pensaient l’origine des contes.
Synthèse courte pour lecteur non spécialiste
Pierre Saintyves lit les contes de Perrault comme les traces littéraires de rites anciens. Certains récits relèveraient de fêtes saisonnières, d’autres d’initiations, d’autres encore d’apologues religieux ou de fabliaux moraux.
Son livre est très représentatif du folklore anthropologique du début du XXe siècle. Il cherche derrière les contes des coutumes, des cérémonies, des pratiques de passage, des rites de renouvellement et des croyances collectives. Cette démarche explique l’importance qu’il donne aux fées, aux cendres, aux peaux animales, aux chambres interdites, aux ogres, aux métamorphoses et aux objets magiques.
Aujourd’hui, ses conclusions doivent être reprises avec prudence. Les preuves sont souvent fragiles. L’intérêt du livre demeure ailleurs : il invite à ne pas réduire les contes de Perrault à de simples textes littéraires et à les replacer dans une histoire longue des récits, des fêtes, des passages sociaux et des imaginaires collectifs.
Repères bibliographiques et ressources
Textes de Pierre Saintyves
- Pierre Saintyves, Les Liturgies populaires : rondes enfantines et quêtes saisonnières, Paris, 1919.
- Pierre Saintyves, Essais de folklore biblique : magie, mythes et miracles dans l’Ancien et le Nouveau Testament, Paris, Émile Nourry, 1922.
- Pierre Saintyves, Les Contes de Perrault et les récits parallèles : leurs origines, coutumes primitives et liturgies populaires, Paris, Librairie critique Émile Nourry, 1923.
- Pierre Saintyves, En marge de la Légende dorée, Paris, Émile Nourry, 1931.
- Pierre Saintyves, Corpus du folklore des eaux en France et dans les colonies françaises, Paris, Émile Nourry, 1934.
- Pierre Saintyves, Manuel de folklore, Paris, J. Thiébaud, 1936.