Joseph Courtés
Sémiotique structurale, motif, figuratif et conte populaire merveilleux français
Joseph Courtés appartient au noyau de la sémiotique greimassienne. Son apport à l’étude des contes merveilleux tient à une opération précise : transformer les outils généraux de la sémiotique narrative en méthode de lecture du conte populaire français. Les contes ne sont plus seulement classés par titres, personnages ou motifs apparents. Ils sont décrits comme des organisations de contenu, articulées par des relations, des valeurs, des transformations et des figures récurrentes.
Pour le lecteur qui étudie les contes merveilleux, Courtés fournit trois apports majeurs : une réflexion sur le conte-type comme totalité organisée, une analyse du motif comme relation sémiotique plutôt que simple élément isolé, et une poétique du figuratif attentive aux objets, aux matières, aux couleurs, aux astres, aux contenants et aux scènes répétées.
Une place singulière dans la sémiotique greimassienne
Courtés est l’un des grands médiateurs de la sémiotique structurale. Sa proximité avec Greimas se manifeste dans le travail théorique commun, notamment le Dictionnaire raisonné de la théorie du langage, et dans une activité constante d’explicitation méthodologique. Sa contribution ne se limite pas à accompagner Greimas : elle transforme un ensemble conceptuel difficile en procédures d’analyse applicables à des textes précis.
Son travail sur les contes populaires se situe dans cette même logique. Le conte devient un terrain de vérification pour la sémiotique narrative. Les notions d’actant, de sujet, d’objet, de compétence, de performance, de modalité, d’isotopie et de figuratif sont appliquées à des récits de tradition orale et aux versions recensées dans le domaine français.
- Rôle théorique : mise en méthode de la sémiotique greimassienne.
- Rôle pédagogique : clarification des procédures d’analyse narrative et discursive.
- Rôle pour les contes : articulation entre folklore, typologie Aarne-Thompson, catalogue Delarue-Tenèze et sémiotique du contenu.
Le point de départ : dépasser le simple inventaire des types et motifs
Dans « De la description à la spécificité du conte populaire merveilleux français », Courtés part d’un constat méthodologique. La tradition historico-géographique, dans la ligne d’Aarne, Thompson, Delarue et Tenèze, a fourni des outils indispensables : types, motifs, variantes, catalogue raisonné. Ces outils restent féconds. Leur usage devient pourtant incertain dès que l’on demande quel motif doit servir à rapprocher des contes : personnage principal, objet magique, événement central, épisode autonome.
Courtés propose alors de déplacer l’attention. La question prioritaire ne porte plus sur le repérage d’un terme isolé. Elle porte sur les relations qui organisent le conte. Un conte-type doit être reconnu comme une totalité relativement clôturée, dotée d’un début, d’une fin, d’un avant, d’un après, et d’une organisation interne repérable dans ses variantes.
| Approche | Question posée | Limite | Déplacement proposé par Courtés |
|---|---|---|---|
| Inventaire des motifs | Quels personnages, objets, scènes ou événements reviennent ? | Le motif peut être trop petit, trop large, ou déjà narratif. | Décrire les relations sémantiques et syntaxiques qui donnent au motif sa valeur. |
| Classement par conte-type | À quel type international rattacher une version ? | Le type risque d’être défini par un trait dominant seulement. | Reconnaître une organisation globale, relativement stable, commune aux variantes. |
| Comparaison génétique | Comment les versions se transmettent-elles ? | La parenté historique n’explique pas toute la cohérence interne. | Ajouter des critères internes : isotopie, actants, transformation, cohérence figurative. |
Le conte comme objet construit
Courtés formule une hypothèse exigeante : le conte populaire merveilleux n’est pas seulement une donnée à reconnaître. Il devient un objet à construire par l’analyse. Cette construction ne nie pas les collectes, les catalogues ou les variantes. Elle cherche le modèle d’intelligibilité qui permet de comprendre pourquoi un ensemble de versions peut être reconnu comme un même conte-type.
Trois présupposés structurent cette démarche.
- Un corpus culturellement délimité : le conte populaire merveilleux français est pris comme terrain d’analyse.
- La priorité du contenu : l’analyse vise les valeurs, les relations et les formes de signification qui organisent le récit.
- La distinction type / variantes : chaque conte-type possède un champ sémantique propre, que les versions réalisent de manière variable.
La simplicité du conte n’est pas pauvreté. Elle tient à des organisations économiques, mémorisables, transmissibles, capables de supporter des investissements figuratifs très variés.
Isotopie, axes sémantiques et valeurs
Courtés cherche la spécificité d’un conte-type dans un champ sémantique homogène. Ce champ s’articule autour de quelques axes fondamentaux. Les exemples les plus parlants concernent des oppositions comme naturalité / culturalité, beauté / laideur, bonté / méchanceté, humiliation / élévation, pauvreté / richesse, humanité / animalité.
L’enjeu est de ne pas confondre les figures visibles et les valeurs sous-jacentes. Une robe, une noix, une fée, un diable, une rose, une couronne ou une peau animale ne valent pas seulement par leur nom. Ces figures portent des traits qui se répartissent sur des axes de valeur.
| Niveau | Définition | Exemple de lecture |
|---|---|---|
| Axe sémantique | Grande opposition de contenu qui structure le conte. | Nature / culture, pauvreté / richesse, animalité / humanité. |
| Trait d’identification | Caractéristique plus précise qui permet de reconnaître une valeur. | Bonté, beauté, courage, élévation, richesse, maîtrise magique. |
| Figure | Élément concret du récit manifestant un trait ou une valeur. | Robe solaire, noisette, coffre, filage, dragon, château, rose, animal parlant. |
| Isotopie | Ligne de cohérence qui rend le récit lisible comme ensemble. | Chez Cendrillon : abaissement domestique, parure lumineuse, élévation sociale, reconnaissance. |
Le couple sujet / objet comme pivot de l’analyse
Courtés reprend le modèle actantiel greimassien, mais il accorde une importance particulière au couple sujet / objet. Le conte commence souvent par un écart : le sujet est séparé d’un objet de valeur. La narration transforme cette disjonction en conjonction, parfois après une série d’épreuves, de déplacements ou de substitutions.
L’objet n’est pas seulement une chose. Il peut être une personne, un statut, une compétence, un savoir, une forme de richesse, une humanité retrouvée, une élévation sociale ou une reconnaissance publique.
| Objet visible | Valeur portée | Exemple de conte |
|---|---|---|
| Princesse ou prince | Alliance, rang, souveraineté, domination, reconnaissance. | Tueur de dragon, quête du mari ou de l’épouse, mariage royal. |
| Robe, chaussure, parure | Transformation statutaire, visibilité, distinction, preuve. | Cendrillon, Peau d’Âne, La recherche de l’époux disparu. |
| Rose, noix, noisette, amande | Don, contenant merveilleux, médiation entre mondes ou entre séquences. | La Belle et la Bête, Cendrillon, contes de quête de l’époux disparu. |
| Écus du diable, savoir magique | Compétence, pouvoir, domination, maîtrise d’un être dangereux. | Les trois poils du diable ou récits proches. |
Le motif selon Courtés : relation, micro-récit, forme figurative
Courtés refuse de traiter le motif comme un simple terme visible. Une fée, un tournoi, un diable, une robe ou un filage ne suffisent pas à constituer un motif au sens fort. Le motif est une relation sous-jacente aux éléments variables des contes réalisés. Il peut être très bref, mais il comporte déjà une organisation sémantique et parfois une petite syntaxe narrative.
Cette position rapproche Courtés de Brémond et de Meletinsky : le motif peut fonctionner comme micro-récit, comme forme élémentaire de narration, ou comme noyau figuratif susceptible de migrer d’un conte à l’autre.
| Type de motif | Définition | Exemple |
|---|---|---|
| Motif élémentaire | Relation de contenu entre traits sémantiques, sans transformation développée. | La sœur laide et jalouse ; l’humble fille vêtue splendidement. |
| Motif narratif | Enchaînement comportant un déplacement ou une transformation. | Une héroïne reçoit un objet, accomplit une tâche, subit une substitution, obtient une reconnaissance. |
| Micro-récit | Motif narratif suffisamment développé pour former un petit récit insérable. | Le père demande à ses filles ce qu’il doit rapporter de la ville ; la plus jeune demande une rose, une noix ou une amande. |
| Motif figuratif | Ensemble récurrent de figures organisé par une valeur ou une image. | Soleil, lune, étoiles ; noix, noisette, amande ; filage, coffre, parure. |
Motif narratif et motif sémantique
Dans « Ethnolittérature, rhétorique et sémiotique », Courtés distingue deux grandes formes de motifs.
Le motif narratif
Le motif narratif est orienté par une petite syntaxe. Le filage, l’habillement ou le coffre ne sont pas seulement des objets ou des pratiques. Ils organisent une relation entre un sujet, une action, un matériau, un produit, des instruments, un temps, un lieu et une compétence.
Le filage peut apparaître dans Cendrillon, Peau d’Âne, Les Fées ou La Chatte blanche. Il change de fonction selon les récits : tâche imposée, condition de service, épreuve, apprentissage, occasion de récompense. Sa structure interne reste reconnaissable.
| Question rhétorique | Application au motif du filage |
|---|---|
| Qui ? | Fileuse, servante, héroïne, auxiliaire. |
| Quoi ? | Fil, tissu, tâche, ouvrage attendu. |
| Où ? | Ferme, veillée, maison, espace domestique. |
| Avec quels moyens ? | Quenouille, fuseau, rouet, aide merveilleuse. |
| Pourquoi ? | Obligation, service, épreuve, empêchement, récompense. |
| Comment ? | Habileté, magie, aide, impossibilité surmontée. |
| Quand ? | Avant le bal, pendant le service, au moment d’une tâche imposée. |
Le motif sémantique
Le motif sémantique est plus libre. Il ne dépend pas d’une position narrative fixe. Courtés donne l’exemple des triades noix / noisette / amande et soleil / lune / étoiles. Ces figures peuvent être objets donnés, contenants merveilleux, donateurs, espaces célestes, marqueurs de beauté, ou supports de métamorphose.
Ces ensembles appartiennent à la structuration de l’imaginaire. Leur cohérence tient aux affinités, oppositions et substitutions qu’ils rendent possibles. L’amande peut être remplacée par l’œuf, parce que les deux figures relèvent du terrestre et de la fécondité. Le vent peut prendre la place des étoiles parce qu’il appartient au céleste.
Le motif narratif relève plutôt de la métonymie : un élément appelle toute une séquence. Le motif sémantique relève davantage de la métaphore : un ensemble figuratif se déplace, garde une partie de sa valeur et change de fonction selon le contexte.
La séquence du mariage : un exemple de méthode
L’article de 1977 sur la séquence du mariage est l’un des meilleurs exemples de la méthode de Courtés. Propp plaçait le mariage parmi les fonctions conclusives du conte merveilleux. Courtés montre que le corpus français utilise cette séquence à plusieurs moments du récit. Le mariage devient une unité mobile, susceptible de fonctionner comme fin, moyen, compétence ou manque à supprimer.
| Fonction du mariage | Définition | Exemple de lecture |
|---|---|---|
| Acte de communication | Transfert d’un objet-valeur entre destinateur et destinataire. | Don de la fille par le roi, échange contre une épreuve, mariage comme alliance. |
| Performance | But final du récit. | Le héros ou l’héroïne passe du célibat à l’alliance. |
| Compétence | Moyen permettant d’accomplir une autre performance. | Le mariage donne accès au rang, à la domination, à la richesse ou à la métamorphose. |
| Vouloir-faire | Tension entre l’état actuel et l’état souhaité. | Deux partenaires désirent l’union, ou l’un d’eux doit être amené à la vouloir. |
| Devoir-faire | Prescription sociale, familiale ou légale. | Fiançailles, mariage imposé, interdiction de l’inceste dans Peau d’Âne. |
| Pouvoir-faire | Condition de possibilité du mariage. | Richesse, élévation sociale, consentement, réussite d’une épreuve. |
| Manque à supprimer | Alliance dangereuse ou mauvaise union dont il faut sortir. | Femme vampire, Barbe-Bleue, conjoint monstrueux ou mortellement menaçant. |
Cette analyse montre la fécondité de la sémiotique du récit. Une même séquence peut occuper plusieurs positions fonctionnelles. Le sens ne dépend pas seulement de la présence du mariage, mais de son emplacement, de sa modalité et de son rôle dans la transformation générale.
Le mariage comme passage entre nature, culture et rang social
Courtés rapproche le mariage des analyses de Lévi-Strauss sur l’échange. Dans certains contes, le mariage conserve une dimension mythique : il transforme l’animal en humain, fait passer de la nature à la culture, ou rétablit une relation entre deux mondes.
Dans beaucoup de contes populaires français, le mariage sert aussi d’opérateur socio-économique. Il permet de résoudre un conflit familial ou social, d’élever le héros ou l’héroïne, de transformer une situation d’humiliation en accès au rang.
| Conte ou famille | Fonction du mariage | Valeur transformée |
|---|---|---|
| Cendrillon | Moyen d’accès au rang princier. | Humiliation domestique vers élévation sociale. |
| La Belle et la Bête | Moyen de métamorphose. | Animalité apparente vers humanité reconnue. |
| La Chatte blanche | Alliance et transformation merveilleuse. | Forme animale vers forme humaine, étrangeté vers souveraineté. |
| Les trois poils du diable | Objet modal dans un système d’échange. | Savoir-dominer vers pouvoir-dominer. |
| Barbe-Bleue | Mariage initial comme danger à supprimer. | Alliance mortelle vers délivrance. |
Le figuratif : objets, matières, astres, contenants
L’ouvrage Le Conte populaire : poétique et mythologie prolonge les articles antérieurs. Il donne une place majeure au figuratif. Les objets merveilleux, les matières, les contenants et les astres deviennent les supports d’une sémio-poétique du conte.
La noisette, la noix, l’amande, la robe couleur de soleil, la lune, les étoiles, le coffre, le filage, l’habillement ou la parure ne sont pas de simples accessoires. Ils organisent un réseau de valeurs : fécondité, secret, don, contenant, éclat, transformation, passage, révélation.
- Noix, noisette, amande : contenants merveilleux, figures de fécondité et de réserve cachée.
- Soleil, lune, étoiles : figures célestes de rayonnement, de beauté et d’exception.
- Robe, chaussure, parure : opérateurs de visibilité sociale et de reconnaissance.
- Coffre, armoire, trousseau : préparation au mariage, accumulation domestique, avenir social de la jeune fille.
- Filage : compétence féminine, tâche, service, épreuve ou condition de transformation.
Cette attention au figuratif est l’un des points les plus utiles pour l’étude poétique des contes merveilleux. Les figures concrètes deviennent des unités de sens et de mémoire.
Apport réel pour l’étude des contes merveilleux
- Clarification du conte-type : un conte-type se reconnaît par une organisation interne, pas seulement par un titre ou un motif dominant.
- Redéfinition du motif : le motif devient relation, micro-récit ou forme figurative, avec des degrés d’expansion.
- Lecture des variantes : les versions peuvent varier fortement en surface tout en conservant un même champ sémantique.
- Analyse des séquences mobiles : le mariage, le don, la tâche, l’habillement ou le filage peuvent changer de fonction selon leur emplacement.
- Poétique du figuratif : les objets, astres, matières, contenants et parures gagnent une valeur analytique.
- Articulation avec la classification : Courtés ne supprime pas Aarne-Thompson, Delarue ou Tenèze ; il ajoute une couche de description sémantique et narrative.
Limites et précautions
L’intérêt de Courtés est considérable, mais sa méthode demande prudence et contextualisation.
| Point sensible | Risque | Précaution de lecture |
|---|---|---|
| Technicité sémiotique | Le vocabulaire peut rendre l’analyse difficile pour un lecteur novice. | Associer chaque notion à une scène ou à un conte-type concret. |
| Abstraction des axes | Forcer une version dans une opposition trop générale. | Partir des figures, des épisodes et des variantes avant de formuler l’axe sémantique. |
| Corpus culturellement délimité | Généraliser trop vite à d’autres traditions. | Distinguer ce qui vaut pour le corpus français et ce qui relève d’une hypothèse plus large. |
| Faible place accordée à la performance orale | Perdre le conteur, la langue, la situation d’énonciation réelle. | Compléter l’analyse sémiotique par les données de collecte et de transmission. |
| Systématisation | Transformer des images vivantes en schémas trop rigides. | Conserver la poétique des scènes, des matières, des rythmes et des images. |
Méthode d’usage pour lire un conte merveilleux avec Courtés
- Identifier le conte-type : repérer le classement AT/ATU ou Delarue-Tenèze.
- Lire la version comme totalité : début, fin, transformation principale, séquences ajoutées.
- Repérer le couple sujet / objet : qui cherche quoi ? quelle valeur est visée ?
- Décrire les axes sémantiques : pauvreté/richesse, humiliation/élévation, animalité/humanité, naturel/culturel.
- Distinguer les motifs : motif narratif, motif sémantique, micro-récit, figure récurrente.
- Observer les modalités : vouloir-faire, devoir-faire, pouvoir-faire, savoir-faire.
- Contrôler par les variantes : vérifier ce qui demeure stable, ce qui se déplace, ce qui change de fonction.
- Ajouter la poétique : objets merveilleux, matières, contenants, astres, seuils, parures, figures de l’Autre Monde.
Courtés face aux autres théoriciens
| Auteur·rice | Point d’appui | Place de Courtés |
|---|---|---|
| Aarne et Thompson | Types et motifs, classification internationale. | Courtés conserve leur utilité, puis interroge la définition du type et du motif. |
| Delarue et Tenèze | Catalogue raisonné des versions françaises. | Courtés travaille à partir de ce corpus et cherche des critères internes de cohérence. |
| Propp | Fonctions, morphologie, logique de la transformation. | Courtés reprend la grammaire narrative et l’inscrit dans une sémiotique du contenu. |
| Greimas | Actants, programme narratif, modalités, carré sémiotique, figuratif. | Courtés transforme ces outils en méthode descriptive appliquée au conte populaire. |
| Lévi-Strauss | Mythe, échange, oppositions, passage nature/culture. | Courtés reprend certains problèmes, notamment pour le mariage et les figures mythiques. |
| Brémond | Logique du récit, motif, micro-récit, possibles narratifs. | Courtés rejoint l’idée d’un motif déjà organisé comme relation ou séquence. |
| Meletinsky | Motif comme micro-sujet, poétique historique. | Courtés apporte une analyse plus sémiotique du figuratif et des formes récurrentes. |
Synthèse courte pour lecteur non spécialiste
Joseph Courtés aide à lire les contes merveilleux comme des organisations de sens. Le conte-type n’est pas seulement un titre dans un catalogue. Il possède une cohérence interne, faite de relations, de valeurs, de transformations et de figures.
Son apport principal porte sur le motif. Un motif n’est pas seulement un personnage, un objet ou une scène. Il peut être une relation, un micro-récit ou un ensemble figuratif. Le filage, la robe, la noix, la noisette, l’amande, le soleil, la lune, les étoiles ou le mariage prennent leur valeur selon la place qu’ils occupent dans le récit.
Courtés est particulièrement utile pour comprendre pourquoi une même figure change de fonction d’un conte à l’autre, pourquoi une même séquence peut servir tantôt de fin, tantôt de moyen, et comment les contes français associent logique narrative, valeurs sociales et poétique du merveilleux.
Repères bibliographiques et ressources
Textes de Joseph Courtés
- Joseph Courtés, « De la description à la spécificité du conte populaire merveilleux français », Ethnologie française, nouvelle série, t. 2, n° 1/2, 1972, p. 9-42.
- Joseph Courtés, Lévi-Strauss et les contraintes de la pensée mythique, Tours, Mame, 1973.
- Joseph Courtés, Introduction à la sémiotique narrative et discursive, Paris, Hachette, 1976.
- Joseph Courtés, « La séquence du mariage dans le conte populaire merveilleux français », Ethnologie française, nouvelle série, t. 7, n° 2, 1977, p. 155-166.
- Algirdas J. Greimas et Joseph Courtés, Sémiotique. Dictionnaire raisonné de la théorie du langage, Paris, Hachette, t. 1, 1979 ; t. 2, 1986.
- Joseph Courtés, Le Conte populaire : poétique et mythologie, Paris, Presses Universitaires de France, 1986.
- Joseph Courtés, « Ethnolittérature, rhétorique et sémiotique », Ethnologie française, nouvelle série, t. 25, n° 2, 1995, p. 157-172.
- Joseph Courtés, La sémiotique du langage, Paris, Armand Colin, 2007.