Greimas

Algirdas Julien Greimas

Modèle actantiel, sémiotique narrative et étude des contes merveilleux

Algirdas Julien Greimas appartient aux grandes figures de la sémiotique structurale. Son modèle actantiel est souvent présenté comme un schéma scolaire du récit, avec un héros, une quête, des adjuvants et des opposants. Cette présentation est commode, mais elle réduit fortement l’ambition du modèle.

La finalité première du modèle actantiel est plus générale : décrire les relations fondamentales qui organisent une action porteuse de sens. Greimas cherche à formaliser ce qui se joue dans un récit, un mythe, une pièce, un discours politique, une publicité ou une action sociale : qui vise quoi, au nom de quelle valeur, pour quel bénéficiaire, avec quelles aides, contre quelles résistances.

Nom completAlgirdas Julien Greimas.
Dates1917-1992.
Domaine principalLinguistique, sémantique structurale, sémiotique, analyse du discours et du récit.
Ouvrage de référenceSémantique structurale. Recherche de méthode, 1966.
Modèle centralSujet, objet, destinateur, destinataire, adjuvant, opposant.
Intérêt pour les contesClarifier les relations de quête, d’aide, d’opposition, de valeur et de reconnaissance.
Une figure de la sémiotique structurale

Greimas naît à Toula, en Russie, dans une famille lituanienne, le 9 mars 1917. Il meurt à Paris le 27 février 1992. La notice d’autorité de la BnF le présente comme linguiste et sémioticien, directeur d’études de sémantique générale à l’École des hautes études en sciences sociales, formé notamment au droit en Lituanie et à la linguistique à Grenoble.

Son travail s’inscrit dans le prolongement du structuralisme linguistique. Il ne s’agit pas seulement d’étudier des mots ou des phrases. Greimas cherche à comprendre comment le sens s’organise dans des ensembles plus vastes : textes, discours, récits, pratiques sociales, mythes, systèmes de valeurs.

  • Sémantique structurale : étude des relations internes qui organisent le sens.
  • Sémiotique narrative : analyse des structures de l’action et de la transformation dans les récits.
  • École de Paris : courant sémiotique associé à Greimas, Joseph Courtés, Denis Bertrand, Jacques Fontanille, Éric Landowski et d’autres chercheur·euse·s.
La finalité première du modèle actantiel

Le modèle actantiel sert d’abord à formaliser une action. Son point de départ n’est pas le personnage psychologique, mais la relation entre des positions nécessaires à l’action. Un récit peut présenter un prince, une princesse, une sorcière, un cheval, une épée ou une forêt. Le modèle demande d’abord quelle fonction relationnelle chacun occupe dans l’action décrite.

Greimas veut réduire la diversité visible des acteurs à quelques positions abstraites. Cette réduction rend les récits comparables. Un roi, une promesse, une prophétie, une loi, une dette ou une misère peuvent tous occuper la position de destinateur s’ils déclenchent ou légitiment l’action. Un cheval, une épée, un conseil, le courage du héros ou un mort reconnaissant peuvent tous occuper la position d’adjuvant s’ils rendent l’action possible.

FinalitéCe que le modèle permet de faireConséquence pour les contes
Formaliser l’actionIdentifier les positions nécessaires à une quête ou à une transformation.Le conte est lu comme une organisation de relations, pas comme une simple suite d’épisodes.
Dépersonnaliser l’analyseDistinguer l’actant de l’acteur ou du personnage.Un objet, un animal, une valeur ou une contrainte peuvent agir comme des forces narratives.
Comparer les récitsRepérer des structures équivalentes sous des images différentes.Deux contes très différents peuvent partager le même système de quête, d’aide et d’opposition.
Rendre visibles les valeursIdentifier ce qui motive l’action et ce qui en bénéficie.La princesse, le royaume, l’eau de vie ou la reconnaissance sociale deviennent des objets de valeur.

Dans cette perspective, le modèle actantiel est d’abord une syntaxe sémantique de l’action. Son usage narratif est central, mais il n’épuise pas son ambition théorique.

Les six actants et les trois axes

Le modèle actantiel organise l’action autour de six positions. Ces positions sont regroupées en trois axes : axe du désir, axe de la transmission et axe du pouvoir. L’usage courant parle aussi de quête, de mandat et de lutte.

Destinateur → Objet → Destinataire ↑ Adjuvant → Sujet ← Opposant
AxeActantsQuestion poséeExemple dans un conte merveilleux
Axe du désir ou de la quêteSujet / ObjetQui cherche quoi ?Le héros cherche l’eau de vie, la princesse, l’objet magique, la reconnaissance ou le retour au monde humain.
Axe de la transmissionDestinateur / DestinataireAu nom de quoi l’action est-elle engagée, et pour qui ?Le roi, le manque, la promesse, le péril du royaume ou la dette imposent la quête ; le héros, la princesse, le roi ou la communauté en bénéficient.
Axe du pouvoirAdjuvant / OpposantQu’est-ce qui aide ou empêche l’action ?Cheval, animal reconnaissant, objet magique, conseil ou courage aident ; dragon, ogre, distance, interdit, faux héros ou oubli s’opposent.

Le terme « actant » désigne une position dans l’action. Il ne désigne pas forcément un personnage. Une épée peut être adjuvante. Une distance peut être opposante. Une promesse peut être destinateur. Une même figure peut occuper plusieurs positions selon l’action retenue.

Actant, acteur, personnage : une distinction décisive

Le modèle devient vraiment utile lorsqu’on distingue trois niveaux.

NiveauDéfinitionExemple
ActantPosition abstraite dans une action.Sujet, objet, destinateur, destinataire, adjuvant, opposant.
ActeurFigure concrète qui occupe une ou plusieurs positions actantielles.Prince, sœur, marraine, cheval, dragon, anneau, forêt, pauvreté.
PersonnageFigure individualisée dans le récit, parfois dotée d’un nom, d’un statut, d’une apparence.Cendrillon, Petit Poucet, Barbe-Bleue, Ivan, Baba Yaga.

Cette distinction évite plusieurs erreurs. Le héros n’est pas toujours sujet de toutes les actions. Une princesse peut être objet de quête dans une séquence, puis sujet d’une action de reconnaissance ou d’aide dans une autre. Le dragon peut être opposant dans la délivrance, mais aussi destinateur indirect lorsqu’il impose le danger qui oblige le héros à agir.

Un même acteur peut cumuler des actants. Une marraine peut être adjuvante lorsqu’elle donne la robe, mais aussi destinateur si elle impose une règle. Un objet magique peut aider, reconnaître, transporter, protéger ou trahir selon la séquence.

Greimas et Propp : continuité et déplacement

Le modèle actantiel s’inscrit dans le prolongement de Propp, tout en changeant de niveau. Propp décrit les fonctions successives du conte merveilleux : interdiction, transgression, méfait, départ, don, combat, retour, reconnaissance. Greimas réduit les rôles de l’action à des positions plus générales, applicables à des récits et à des discours beaucoup plus variés.

ProppGreimasEffet du déplacement
Travaille principalement sur le conte merveilleux russe.Construit un modèle général de l’action signifiante.Le modèle peut s’appliquer à des récits, des mythes, du théâtre, des discours sociaux ou des images.
Énumère trente et une fonctions dans un ordre stable.Organise l’action autour de six actants.La séquence est moins détaillée, mais les relations fondamentales deviennent plus visibles.
Distingue des sphères d’action : héros, méchant, donateur, auxiliaire, faux héros, etc.Regroupe ces rôles dans des axes plus abstraits.Un même acteur peut occuper plusieurs positions selon l’action analysée.
Décrit la morphologie du conte.Formalise une syntaxe sémantique du récit et de l’action.L’analyse passe de la forme narrative à l’organisation du sens.

Le lien avec Propp reste essentiel pour les contes merveilleux. Propp donne l’ordre des opérations. Greimas donne les relations de quête, de valeur, d’aide et d’opposition. Les deux approches gagnent à être articulées.

Le schéma narratif canonique : au-delà du simple tableau actantiel

Le modèle actantiel est souvent isolé dans les manuels. La sémiotique greimassienne l’inscrit pourtant dans une analyse plus large de la narrativité. Le schéma narratif canonique décrit les grandes phases d’un programme d’action : manipulation, compétence, performance, sanction.

PhaseQuestionExemple dans un conte
ManipulationQu’est-ce qui fait agir le sujet ?Le roi promet sa fille, la princesse est menacée, une dette doit être payée, un manque devient insupportable.
CompétenceLe sujet possède-t-il les moyens d’agir ?Le héros reçoit un cheval, une épée, un conseil, un objet magique, une aide animale ou surnaturelle.
PerformanceL’action est-elle effectivement accomplie ?Le héros combat le dragon, accomplit la tâche impossible, ramène l’eau de vie, fuit le diable.
SanctionL’action est-elle reconnue, évaluée, récompensée ou punie ?Le faux héros est démasqué, le héros est reconnu, le mariage ou la restauration du statut conclut le récit.

Ce prolongement corrige une limite du schéma actantiel réduit à six cases. Le conte est aussi une transformation progressive : faire agir, rendre capable, accomplir, reconnaître.

Application générale aux récits

Appliqué à un récit, le modèle actantiel oblige à formuler l’action principale avec précision. Il faut choisir une action, puis identifier le sujet, l’objet, le destinateur, le destinataire, les adjuvants et les opposants.

  • Choisir l’action à analyser : délivrer la princesse, obtenir l’eau de vie, échapper à Barbe-Bleue, rejoindre le bal, retrouver les frères, sortir de l’emprise du diable.
  • Identifier le sujet : celui ou celle qui porte l’action choisie.
  • Nommer l’objet : ce qui est visé, obtenu, restauré, délivré, reconnu ou transformé.
  • Repérer le destinateur : ce qui pousse, autorise, oblige ou légitime l’action.
  • Repérer le destinataire : celui, celle ou ce collectif qui bénéficie de l’action.
  • Classer aides et obstacles : êtres, objets, lieux, informations, qualités, interdits, distances, adversaires.

Le modèle devient fragile lorsqu’on cherche « le » schéma actantiel d’un récit entier. Un conte contient souvent plusieurs actions. Chaque action significative peut appeler son propre modèle.

Application aux contes merveilleux

Le conte merveilleux se prête bien à l’analyse actantielle. Ses personnages sont souvent définis par leur fonction narrative. Le héros part, l’auxiliaire aide, l’opposant bloque, l’objet de quête attire, le roi promet, la princesse reconnaît, le faux héros usurpe. La psychologie individuelle reste limitée. Les positions de l’action sont donc très lisibles.

Le modèle aide particulièrement à distinguer l’objet de quête apparent et la valeur plus profonde portée par cet objet. La princesse peut être une personne captive, mais aussi la conjonction matrimoniale, l’accès au royaume, la reconnaissance statutaire ou la restauration de l’ordre. L’eau de vie est un liquide merveilleux, mais aussi la réparation d’un manque vital. La pantoufle de Cendrillon est un objet, mais surtout un opérateur de reconnaissance.

Conte ou famille de contesSujet possibleObjet de valeurAdjuvantsOpposants
AT 300 – Le tueur de dragonLe héros libérateur.Délivrance de la princesse, restauration du royaume, reconnaissance publique de l’exploit.Armes, animaux auxiliaires, signes matériels, courage, promesse royale.Dragon, tribut, peur collective, faux héros, effacement de l’exploit.
CendrillonL’héroïne humiliée.Accès au bal, apparition glorieuse, reconnaissance par la chaussure, sortie de l’abaissement domestique.Marraine ou aide surnaturelle, robe lumineuse, carrosse, pantoufle, mémoire du prince.Belle-mère, sœurs, cendre, haillons, interdits domestiques, délai de minuit.
AT 313 – La fille du diableLe héros et, souvent plus encore, l’héroïne auxiliaire.Sortir de l’emprise du diable, réussir les tâches impossibles, former un couple libre, franchir la frontière entre mondes.Fille du diable, savoir magique, métamorphoses, objets jetés pendant la fuite.Diable, tâches impossibles, interdit alimentaire, poursuite, oubli possible.
La quête de l’eau de vieLe cadet ou le héros envoyé.Guérison du roi, restauration du corps, légitimation du cadet.Vieillard donateur, conseil, cheval, objet magique, hospitalité respectée.Frères jaloux, distance, gardien de la source, sommeil, trahison.
Intérêt réel pour l’étude des contes merveilleux

L’intérêt du modèle tient à sa capacité de clarification. Il oblige à formuler les relations actives du conte. Il permet de ne pas confondre le personnage visible et la fonction qu’il occupe dans une action donnée.

  • Clarifier la quête : nommer l’objet réel de l’action, qui peut être une personne, un objet, un statut, une délivrance ou une reconnaissance.
  • Distinguer les aides : ne pas mélanger donateur, auxiliaire, objet magique, conseil et qualité personnelle du héros.
  • Lire les adversités : un opposant peut être un monstre, un faux héros, une distance, un interdit, un oubli, une condition sociale ou une temporalité impossible.
  • Repérer les bénéficiaires : le héros n’est pas toujours le seul destinataire ; la princesse, le roi, la famille ou le royaume peuvent bénéficier de l’action.
  • Identifier les valeurs : les objets du conte portent des valeurs : vie, fécondité, alliance, lumière, souveraineté, sortie de l’humiliation, réintégration familiale.
  • Comparer les versions : on peut voir si une version déplace le sujet, renforce l’adjuvant, change l’opposant ou transforme l’objet de valeur.

Le modèle fournit aussi un vocabulaire utile pour décrire les blocs narratifs. Il ne remplace pas l’analyse littéraire ou poétique ; il aide à poser les bonnes questions.

Question d’analyseActant concernéExemple dans un conte merveilleux
Qui porte l’action principale du bloc ?SujetCadet, héroïne persécutée, frère chercheur, couple fugitif.
Quel bien, état ou statut est visé ?Objet de valeurDélivrance, eau de vie, fiancée, reconnaissance, retour, sortie d’emprise.
Quelle force déclenche ou légitime l’action ?DestinateurManque, ordre du roi, promesse, dette, malfaisance, interdit violé.
Qui bénéficie de l’action accomplie ?DestinataireHéros, héroïne, roi malade, princesse, famille, royaume.
Quels êtres, objets, savoirs ou qualités rendent l’action possible ?AdjuvantsAnimal reconnaissant, objet magique, conseil, métamorphose, courage.
Quels obstacles empêchent, retardent ou déforment la quête ?OpposantsDragon, ogre, belle-mère, faux héros, oubli, distance, délai, sommeil.

Le même conte-type peut contenir plusieurs programmes narratifs : délivrance, fuite, reconnaissance, mariage, réparation familiale. Chaque programme peut avoir son propre schéma actantiel. Le modèle est particulièrement utile lorsqu’il est appliqué à des blocs narratifs contextualisés, sans produire un schéma unique et figé pour tout le conte.

Limites de la modélisation actantielle

Le modèle actantiel est puissant, mais son usage mécanique appauvrit les contes. Les six cases ne remplacent ni la morphologie de Propp, ni la poétique du merveilleux, ni l’étude des versions, ni le contexte de collecte.

LimiteRisquePrécaution
Abstraction forteRéduire un cygne, une cendre, une montagne de verre ou une eau vive à une simple fonction.Conserver une analyse poétique des matières, lieux, objets et êtres merveilleux.
Schéma uniqueForcer tout un conte dans une seule grille.Construire un modèle par action majeure ou par bloc narratif.
Flou du destinateurConfondre le déclencheur, le mandateur, la valeur, la cause et l’adjuvant.Nommer explicitement la force qui fait agir et justifier le choix.
Traitement de la princesse comme objetEffacer l’action propre des figures féminines ou des victimes secourues.Reformuler l’objet comme conjonction, délivrance, alliance ou reconnaissance, et ouvrir un autre modèle si la figure agit.
Faible attention à l’ordre des fonctionsPerdre la progression concrète du récit.Articuler Greimas avec Propp : modèle actantiel pour les relations, morphologie pour l’enchaînement.
Faible attention au contexte oralOublier conteur·euse, lieu, langue, performance, public, transmission.Conserver des métadonnées de collecte et des notes de version.

Le modèle éclaire les relations de l’action. Il devient moins pertinent lorsqu’on l’utilise comme grille exhaustive du sens. Les contes merveilleux demandent aussi une lecture des images, des seuils, des matières, des répétitions, des symboles et des variantes.

Méthode d’usage recommandée pour les contes merveilleux

L’usage le plus sûr consiste à appliquer le modèle par étapes.

  1. Délimiter le bloc narratif : par exemple délivrance de la princesse, obtention de l’objet magique, fuite hors de l’Autre Monde, reconnaissance finale.
  2. Formuler l’action en une phrase : « Le héros délivre la princesse du dragon », « l’héroïne obtient la reconnaissance par la chaussure ».
  3. Identifier le sujet et l’objet : ne pas confondre la personne concrète et la valeur recherchée.
  4. Déterminer le destinateur et le destinataire : préciser ce qui fait agir et ce qui bénéficie de l’action.
  5. Classer adjuvants et opposants : inclure êtres, objets, savoirs, lieux, délais, interdits, oublis, preuves.
  6. Vérifier avec la séquence proppienne : situer le bloc dans l’ordre du conte.
  7. Ajouter la poétique : noter les objets, matières, formes lumineuses, seuils, animaux, métamorphoses et symboles réellement actifs.

Cette méthode permet de tirer profit de Greimas sans faire disparaître la richesse narrative et poétique du conte merveilleux.

Greimas face aux autres théoriciens du conte
AuteurPoint d’appuiPlace de Greimas
ProppFonctions du conte merveilleux, ordre séquentiel, sphères d’action.Greimas généralise les rôles de l’action en six actants et les inscrit dans une théorie du sens.
Lévi-StraussStructure des mythes, oppositions, médiations.Greimas travaille davantage la syntaxe narrative et les programmes d’action.
Benfey et CosquinDiffusion, comparaison internationale, circulation des récits.Greimas déplace la question vers les relations internes de signification.
Tylor et LangSurvivances, animisme, anthropologie du merveilleux.Greimas n’explique pas d’abord l’origine des motifs ; il formalise leur rôle dans l’action.
MeletinskyMotif comme micro-sujet, poétique historique, transformations du mythe au conte.Meletinsky permet de réintroduire l’histoire longue et la sémantique des motifs dans un cadre compatible avec les actants.
Synthèse courte pour lecteur non spécialiste

Greimas propose un modèle pour comprendre les forces qui organisent une action. Dans un conte, le héros cherche quelque chose : une princesse, une eau de vie, un objet magique, une reconnaissance, une libération. Cette quête suppose un sujet, un objet, une force qui pousse à agir, un bénéficiaire, des aides et des obstacles.

Le modèle actantiel sert à nommer ces positions. Il distingue six actants : sujet, objet, destinateur, destinataire, adjuvant, opposant. Ces actants ne sont pas forcément des personnages. Un animal, une épée, une promesse, une interdiction, un délai, une forêt ou la pauvreté peuvent occuper une position actantielle.

Pour les contes merveilleux, l’intérêt est réel : le modèle clarifie les quêtes, les aides, les oppositions, les valeurs et les reconnaissances. Sa limite principale tient à son abstraction. Il doit être complété par Propp pour l’ordre des fonctions, par l’étude des versions pour les variantes, et par une poétique du merveilleux pour les images, matières, lieux, êtres et symboles du conte.

Repères bibliographiques et liens vérifiés

Œuvres de Greimas

  • Algirdas Julien Greimas, Sémantique structurale. Recherche de méthode, Paris, Larousse, 1966.
  • Algirdas Julien Greimas, « Éléments d’une grammaire narrative », L’Homme, 1969, t. 9, n° 3, p. 71-92.
  • Algirdas Julien Greimas, Du sens. Essais sémiotiques, Paris, Seuil, 1970.
  • Algirdas Julien Greimas, Maupassant. La sémiotique du texte : exercices pratiques, Paris, Seuil, 1976.
  • Algirdas Julien Greimas et Joseph Courtés, Sémiotique. Dictionnaire raisonné de la théorie du langage, Paris, Hachette, 1979.
  • Algirdas Julien Greimas et Jacques Fontanille, Sémiotique des passions. Des états de choses aux états d’âme, Paris, Seuil, 1991.

Liens de référence